Art «Mars» à la conquête de la lumière

Libération.fr

Dans son exposition à l’Institut d’art contemporain, Ann Veronica Janssens s’amuse des perceptions lumineuses et sonores.

On pénètre dans l’Institut d’art contemporain comme un courant d’air, sous une verrière baignée de soleil : Ann Veronica Janssens a fait dégonder les portes d’entrée. Dans le grand cube de la première salle, des paillettes turquoises à même le sol forment un petit lac qui lévite en scintillant. Au fond, dans l’embrasure d’une porte, un rideau de fumée légère pleut. Tout indique que nous avons pénétré un espace en apesanteur, guilleret et éthéré. Seul un bruit assourdissant pulse au loin d’inquiétants boums et fait trembler les murs. Le monde d’Ann Veronica Janssens, née en Angleterre et résidant à Bruxelles, est tissé d’oxymores : obscure clarté, douces explosions, métal poids plume, matière précieuse de l’anti-matière. Dans la troisième pièce, par exemple, une poutrelle d’acier longue de plusieurs mètres, visiblement très lourde, reflète le plafond grâce à une face polie. Elle n’en paraît que plus aérienne. A côté, une tôle ondulée flotte près d’un mur. Les éléments, animés d’une force spirite, paraissent délicatement déchaînés. Le ciel serait-il prêt à nous tomber sur la tête ?

Dans cette exposition labyrinthique, sobrement intitulée «mars», l’artiste sonde l’inframince et joue avec notre perception. Aussi attirantes que le papier cristal qui enrobe les bonbons, les œuvres n’en sont pas moins inquiétantes. Comme la pièce plongée dans la pénombre qui tonitrue des sonorités venues de Jupiter ou l’épais brouillard blanchâtre dans lequel on se meut avec prudence.

Cette fameuse installation, créée en 1997 pour le Muhka (Musée d’art contemporain d’Anvers), est présentée à Villeurbanne en lumière naturelle, sous une verrière du musée : les rayons du soleil répandent alors une chaleur vivante. «Mon premier matériau, c’est la lumière, sous toutes ses formes», explique Ann Veronica Janssens. «A partir de là, il s’agit d’expérimentations auxquelles (...)

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