Comment en sommes-nous arrivés à la sécheresse qui touche toute la France ?

Tout l’Hexagone est en alerte sécheresse et dans certaines villes, l’eau potable risque de manquer. Les conséquences de six mois de dérèglement climatique

SÉCHERESSE - Le mois de juillet 2022 a battu des records de chaleur et de sécheresse historique dans de nombreux départements. L’Île-de-France, dernière région qui n’était pas concernée, vient d’être placée en vigilance sécheresse, ce mardi 2 août. C’est donc toute la France métropolitaine qui est désormais concernée et certaines préfectures s’alarment sur le manque d’eau potable.

La Drôme, la Creuse, la Vendée et même la Bretagne s’inquiètent de voir les robinets à sec. Et pour faire face, quelques communes doivent déjà alimenter leurs habitants en eau via des camions-citernes.

Pour mieux comprendre le fonctionnement de l’eau potable et ses problématiques, Marillys Macé, directrice générale du Centre d’Information sur l’Eau répond au HuffPost.

Alors que la sécheresse concerne tout l’Hexagone, pourquoi certaines villes plus que d’autres sont-elles confrontées à un manque d’eau potable ?

Les eaux utilisées en France proviennent en grande majorité des fleuves, des rivières et des lacs qui sont les eaux de surface. Pour produire de l’eau potable, on utilise principalement des eaux souterraines, moins polluées dont parmi elles, les nappes phréatiques. Le problème qui se pose aujourd’hui est qu’entre septembre et mai, il n’a pas assez plu assez, voire pas du tout. La neige et la pluie n’ont pas alimenté leurs cours d’eau et le niveau des nappes phréatiques est bien trop bas pour que l’on puisse aller pomper l’eau. Donc cela concerne principalement des villes et villages du sud de la France plus isolés et où le temps est forcément plus sec.

Comment faire pour désenclaver ces villages ?

La technique de tous les distributeurs d’eau potable c’est d’aller vers de nouvelles ressources et certaines expérimentions sont en cours. Leur objectif est de faire en sorte qu’il y ait des interconnexions de canalisations d’eau potable entre les villes afin que l’accès à l’eau potable soit plus généralisé. Cela éviterait le risque qu’un village se retrouve en manque d’eau.

Le risque c’est que les futures précipitations provoquent des inondations car elles vont arriver sur des sols très secs, l’eau aura du mal à s’infiltrer.

Pourquoi la situation est si critique cette année alors que les conditions ne sont pas inédites ?

La sécheresse et la pluie ne sont pas les seules responsables, il s’agit plutôt d’une circonstance aggravante. À la période estivale, il y a plusieurs usages qui se confrontent et qui nécessite beaucoup d’eau comme l’agriculture, l’usage industriel, les particuliers et donc forcément la demande est beaucoup plus élevée. Il y a beaucoup trop de besoins en eau à cette période et les conditions météorologiques n’ont pas été réunies à l’hiver et au printemps.

Le problème qui se pose est que la chaleur est arrivée de façon très précoce cette année. Forcément le niveau des points d’eau vitaux a baissé et le niveau des nappes phréatiques est bien trop bas pour que l’on puisse les exploiter. À l’avenir, il faudra donc envisager d’autres recours.

Certains pays européens traitent les eaux usées alors que la Bretagne expérimente la dessalinisation de l’eau de mer. Ces pistes peuvent-elles être viables à long terme ?

Le traitement des eaux usées est une technique à promouvoir et à développer. Beaucoup de pays promeuvent le traitement des eaux usées notamment pour l’agriculture. Cela permettrait de soulager la ressource pour alimenter les espaces verts. L’eau usée peut également être propre à la consommation si celle-ci est bien traitée.

La dessalinisation est une solution vraiment à court terme, cela fonctionnerait pour les pays qui manquent cruellement d’eau mais dans le cas actuel, cela peut permettre de soulager un gros point de tension mais de façon locale. Lorsque l’on regarde le niveau inquiétant des mers et océans, je n’opterai pas pour cette option.

Cette situation risque-t-elle de se prolonger sur ces prochains mois ?

Il y a trois ans, le Nord Pas de Calais a été confronté à des arrêtés sécheresse jusqu’au mois de novembre alors que la situation n’était pas aussi alarmante qu’aujourd’hui. Météo France prévoyait au mois de mai une sécheresse jusqu’au mois de septembre donc de toute façon, il y aura une tension encore quelque temps. Pour éviter que le manque d’eau prenne trop d’ampleur, il faudrait qu’il pleuve énormément pour arriver à remettre à flot nos ressources. Mais le risque alors, c’est aussi que ces futures précipitations provoquent des inondations car elles vont arriver sur des sols très secs, l’eau aura du mal à s’infiltrer.

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