Arrêt de la centrale nucléaire de Cruas : quelles alternatives pour produire l’électricité ?

La centrale nucléaire de Cruas est à l'arrêt depuis le tremblement de terre du 11 novembre dernier. Elle ne redémarrera qu'à la mi-décembre.

La centrale nucléaire de Cruas est à l’arrêt depuis le tremblement de terre qui a frappé l’Ardèche le 11 novembre. Quelles sont les alternatives pour produire l’électricité dans un tel cas ?

Les réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, en Ardèche, sont à l’arrêt depuis le 11 novembre, des suites du séisme de magnitude 5,4 qui a frappé la région. 

Malgré l’absence de dégâts, EDF doit mener des contrôles approfondis, qui devraient s’achever “sous une semaine”, comme le précise un communiqué de presse du 14 novembre. “Les résultats seront ensuite transmis pour instruction à l’Autorité de Sûreté Nucléaire”, précise l’entreprise française. 

EDF prévoit un redémarrage progressif au cours de la première quinzaine de décembre. Le groupe a donc revu à la baisse sa perspective de production d’électricité pour l’année 2019. Alors qu’en février, elle prévoyait une production de 395 TWh (térawatt-heure), l’entreprise l’a finalement estimée à 390 TWh en octobre dernier, en raison “d’arrêts programmés, notamment sur les réacteurs de Flamanville 2 et de Paluel 4”, ainsi que “l’arrêt fortuit de Flamanville 1”.

Ce 14 novembre, EDF a une nouvelle fois communiqué sur ses chiffres de production, en raison de l’arrêt des réacteurs de Cruas, les estimant entre 384 et 388 TWh.

Le nucléaire, leader de la production

Le nucléaire est la principale source de production de l’électricité en France. Selon les chiffres de RTE disponibles pour l’année 2019 (de janvier à août), 72,4% de l’énergie de l'Hexagone provient des centrales nucléaires. Sur la même période, l’énergie thermique représentait 7,1% de la production en moyenne.

Pour EDF, le nucléaire représente une part encore plus importante de la production d’électricité : 86,3% en 2018. Les 13,7% restant se répartissent entre l’énergie hydraulique et les autres énergies renouvelables, ainsi que les énergies fossiles (charbon, fioul, gaz).

Lorsqu’une centrale nucléaire est à l’arrêt, les sources de production sont donc amenées à varier. Mais tout est prévu. Comme l’explique le site du ministère de la Transition écologique et solidaire, les producteurs d’électricité peuvent décider ou non de produire selon, d’une part leur coût de production et d’autre part le prix de l’électricité (qui varie en fonction de la demande et des moyens nécessaires). Les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique) et la filière nucléaire ont un coût de production très faible, “elles ont donc intérêt à fonctionner en base”, précise le ministère. 

L’énergie fossile prend le relais

Mais lorsque la demande est en hausse ou que, comme c’est actuellement le cas, l’offre nucléaire baisse, des alternatives existent, notamment au travers des centrales thermiques à flamme. Puisqu’elles “présentent un coût marginal plus important du fait du coût de leur combustible”, elles ont “pour rôle principal [...] d’assurer la sécurité d’approvisionnement en ajustant la production à la demande”, précise le ministère de la Transition écologique et solidaire. Les centrales thermiques travaillent donc d’ores et déjà à plus fort régime pour pallier la fermeture de la centrale de Cruas. 

“On s’aperçoit que l’hydraulique (stations de pompage/turbinage) permet une certaine flexibilité de production et peut combler des besoins instantanés (c’est la première source de production d’énergie renouvelable française)”, nous explique de son côté l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). 

Les exportations à la hausse

“Outre les moyens de production nationaux, les échanges transfrontaliers ont un vrai rôle dans l’équilibre offre/demande”, ajoute l’agence. Le site RTE (Réseau de transport d’électricité) dévoile les importations et les exportations d’électricité en France (les chiffres indiquent les accords commerciaux).

Les importations d'électricité sont en hausse depuis l'arrêt de la centrale nucléaire de Cruas.

Les chiffres indiquent que l’importation d’électricité (en provenance de l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, la Suisse, l’Allemagne et la Belgique) a explosé depuis le tremblement de terre qui a frappé l’Ardèche et la Drôme et causé l’arrêt de la centrale nucléaire de Cruas. Ce 14 novembre, à midi, les importations s’élevaient à 5816 KW (kilowatts). À la même heure jeudi dernier, elles étaient à 1800 KW et, le 14 novembre 2018, elles atteignaient 1751 KW.

Avec le froid et la neige, l’arrêt de la centrale de Cruas-Meysse tombe mal, mais la France a heureusement des solutions.

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