Arrêt des vols entre le Brésil et la France: quelles restrictions chez nos voisins européens?

Hugues Garnier
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Des voyageurs à l'aéroport de Munich, le 8 avril 2021 en Allemagne - Christof STACHE © 2019 AFP
Des voyageurs à l'aéroport de Munich, le 8 avril 2021 en Allemagne - Christof STACHE © 2019 AFP

La nouvelle est tombée ce mardi après-midi à l'Assemblée nationale. Jean Castex a annoncé la suspension "jusqu'à nouvel ordre" de tous les vols "entre le Brésil et la France", alors que les différents variants brésiliens inquiètent les épidémiologistes.

Une réponse aux critiques grandissantes sur le manque de précaution des autorités sanitaires françaises pour éviter l'exportation de ces variants en France, même si le principal, baptisé "P.1", est déjà présent sur le territoire, où il représente moins de 0.5% des cas, d'après les dernières données de Santé Publique France. Jusqu'ici, un test antigénique était imposé aux voyageurs en provenance du Brésil en complément d'un test PCR négatif. Ils devaient enfin se placer en auto-isolement pendant une durée d'une semaine.

Les vols entre le Brésil et le Portugal suspendus depuis la fin janvier

La décision du Premier ministre français de suspendre les liaisons entre les deux pays est similaire à celle prise il y a bientôt trois mois par le Portugal. Le pays avait suspendu fin janvier de manière drastique toutes les liaisons aériennes depuis et vers le Brésil, et ce, jusqu'au 15 avril.

Seules exceptions à cette règle: les vols humanitaires ou de rapatriement mis en place depuis deux semaines par les autorités portugaises et brésiliennes. De nombreux ressortissants portugais ont toutefois critiqué les conditions d'organisation des rapatriements vers le Portugal, avec des billets d'avion souvent chers et très peu de vols disponibles, selon le Diaro de Noticias. Neuf vols ont été prévus jusqu'au 15 avril pour transporter au total plus de 4000 personnes.

Dix jours de quarantaine et deux tests au Royaume-Uni

Pour l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Italie, la règle est la même: aucun Brésilien ne peut se rendre sur leur territoire, seuls leurs propres ressortissants peuvent revenir du pays d'Amérique latine.

Les conditions d'arrivée diffèrent toutefois d'un pays à l'autre: les autorités britanniques réclament aux arrivants du Brésil dix jours d'isolement obligatoire dans un hôtel agréé par les autorités. Ils doivent pendant cette quarantaine procéder à un test avant ou au cours du deuxième jour et lors du huitième jour.

Chez nos voisins d'Outre-Rhin, toutes les personnes ayant séjourné au Brésil dix jours avant d'arriver en Allemagne doivent présenter un test négatif ayant moins de 48h. À leur arrivée en Allemagne, les voyageurs en provenance du Brésil doivent alors suivre un auto-isolement pendant quatorze jours.

Auto-isolement de dix jours aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, les vols vers et depuis le Brésil sont interdits au moins jusqu'au 15 avril prochain. Certaines exceptions existent toutefois pour les soignants, les personnes voyageant pour motif médical, ou encore les ressortissants néerlandais. Les autorités néerlandaises ont néanmoins indiqué qu'elles n'organisaient pas les vols de rapatriement.

Les personnes autorisées à partir du Brésil pour les Pays-Bas doivent présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures et un test antigénique négatif effectué moins de 24h avant l'embarquement. Elles doivent enfin suivre un auto-isolement de dix jours, pouvant être réduit à cinq jours si elles présentent un test négatif.

Loin d'être majoritaire, le variant brésilien P.1 connaît aux Pays-Bas une progression pour le moins inquiétante. Plus contagieux et plus virulent, il pourrait prendre le dessus sur le variant anglais d'ici l'été prochain, selon la presse néerlandaise. Une prévision qui pose la question de l'auto-isolement, peu encadré par les autorités sanitaires.

Article original publié sur BFMTV.com