Arnaud Benedetti: «Emmanuel Macron prend acte de l’échec de son idéal»

Sugy, Paul
Emmanuel Macron. / JOHN THYS/AFP

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Alors que le chef de l’État est à la Une du magazine The Economist, Arnaud Benedetti décrypte l’ambiguïté de sa stratégie de communication à mi-mandat.

Arnaud Benedetti est professeur associé à l’Université Paris-Sorbonne. Il est rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire. Il a publié Le coup de com’ permanent (éd. du Cerf, 2018) dans lequel il détaille les stratégies de communication d’Emmanuel Macron.

FIGAROVOX.- En donnant une interview iconoclaste à «The Economist», dans laquelle il s’en prend pêle-mêle à l’OTAN ou encore à la règle des 3 %, le chef de l’État réaffirme-t-il son rôle de leader sur la scène internationale?

Arnaud BENEDETTI.- Il se veut un lucide agitateur d’idées. Il intériorise le désordre international pour livrer une analyse qui prend à revers pour une part le logiciel politique qui fut le sien durant la campagne présidentielle. La mondialisation n’est plus heureuse, elle est inquiète. L’irénisme n’est plus de mise. C’est une vision plutôt sombre, au demeurant assez réaliste, de la nouvelle scène mondiale qu’il véhicule. Il prend acte de l’échec en quelque sorte de son idéal. Pour autant, ce chant un peu désespéré se veut volontariste. Il essaye de rétablir, de restaurer le politique en instrument de maîtrise et cet instrument de maîtrise c’est le retour à une Europe-puissance qui ne fait pas du marché, de l’économie sa finalité exclusive. D’où son insistance sur la notion de souveraineté, sur les questions de défense et de technologie. Sa lecture est désormais bien plus régalienne qu’économique.La critique du dogme des 3% constitue peut-être la meilleure illustration de cet infléchissement. Tout se passe comme si le chevénementisme de sa jeunesse en venait à irriguer son propos. Dans les faits, il métabolise la critique des populistes dont il a fait ses adversaires pour les contourner par un appel à une Europe qui se vertébrerait par le haut. Le problème c’est qu’il se heurte à la realpolitik dont il (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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