Armement : la course folle

Courrier international

“Un événement crucial pour l’avenir de la paix et de la sécurité internationales (et de l’équilibre du monde) s’est tenu [du 1er au 26 août] au siège des Nations unies, à New York. Au vu du peu d’intérêt que lui ont accordé la classe politique et les médias, vous serez pardonné de ne pas y avoir prêté attention.” Le propos, un rien désabusé, est signé Simon Tisdall, chroniqueur de The Observer, et il fait allusion à la conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui s’est soldée par un échec, la Russie ayant refusé de signer la version finale du document le 26 août. C’est une référence à la centrale ukrainienne de Zaporijjia, actuellement occupée par les forces russes, qui a motivé ce refus.

Au moment d’ouvrir la conférence, António Guterres, le secrétaire général de l’ONU, avait pourtant tiré la sonnette d’alarme, rappelle The Observer :

“À l’heure où nous parlons, l’humanité n’est qu’à un malentendu, une méprise de l’anéantissement nucléaire.”

“L’arsenal [nucléaire] de Pékin devrait plus que doubler en dix ans, détaille l’hebdomadaire britannique. Et le risque n’est pas seulement celui d’un Armageddon. Des stocks grandissants d’armes tactiques ou terrestres et de nouveaux missiles hypersoniques [qui se déplacent à une vitesse de 6 000 km/h] aggravent le risque d’une guerre nucléaire dite ‘limitée’.”

Le retour de la dissuasion

Sommes-nous si proches d’un tel scénario ? Difficile à dire. La guerre en Ukraine a fait ressurgir un concept hérité de la guerre froide : la dissuasion. Cette doctrine est souvent associée à la menace nucléaire, explique Die Zeit. Une menace agitée par Vladimir Poutine au début du conflit. Mais les armes conventionnelles, et surtout la crédibilité, ont aussi leur importance. La guerre en Ukraine, où “les Américains et les Européens posent – de manière restreinte mais efficace – les bases d’une dissuasion crédible”, pourrait changer la donne, estime l’hebdomadaire allemand.

Ce qui est sûr, c’est que l’on assiste depuis plusieurs mois à une remilitarisation à marche forcée du monde. En 2021, déjà, le total des dépenses militaires mondiales avait atteint 2 113 milliards de dollars, un record en la matière. En 2022, la guerre en Ukraine et les tensions autour de Taïwan ont accéléré cette course folle à l’armement.

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