Arménie: le Premier ministre Nikol Pachinian démissionnera en avril

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Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé dimanche son intention de démissionner en avril, tout en continuant d'exercer ses fonctions par intérim jusqu'aux législatives anticipées de juin. Un nouvel effort pour juguler la crise politique qui secoue ce pays du Caucase.

« Je démissionnerai en avril. Je démissionnerai non pas pour démissionner, mais pour que des élections anticipées aient lieu. Mais je continuerai à exercer les fonctions de Premier ministre par intérim », a déclaré Nikol Pachinian lors d'une rencontre avec des Arméniens, selon une vidéo publiée sur sa page Facebook.

« Si vous confirmez (notre mandat), nous continuerons à vous servir mieux qu'auparavant, sinon, nous transférerons le pouvoir à qui vous voudrez », a-t-il promis.

Les élections législatives anticipées prévues le 20 juin doivent mettre fin aux turbulences politiques qui secouent l'Arménie depuis sa défaite cinglante dans la guerre qui l'a opposée à l'Azerbaïdjan, pour le contrôle de l'enclave du Haut-Karabakh à l'automne 2020. En annonçant sa démission, Nikol Pachinian entend apaiser la campagne électorale.

Mais il continuera d’exercer ses fonctions jusqu’à la date du scrutin. « Si vous confirmez notre mandat, nous continuerons à vous servir mieux qu’auparavant, sinon, nous transférerons le pouvoir à qui vous voudrez », a promis Nikol Pachinian. Des promesses qui semblent ne pas trop engager le Premier ministre arménien. Début mars, les sondages créditaient son parti d’environ 30% d’opinions favorables, contre 4% pour le remier parti d’opposition, précise notre correspondant régional à Moscou, Jean-Didier Revoin.

Nikol Pachinian dénoncé comme un « traître »

Pendant des semaines, Nikol Pachinian a résisté aux manifestations et aux appels à sa démission. Très critiqué, il est dénoncé comme un « traître » par l'opposition pour avoir signé en novembre un accord de cessation des hostilités avec l'Azerbaïdjan pour mettre fin aux hostilités dans le Haut-Karabakh très défavorable à son pays.

Ce cessez-le-feu avait été négocié alors que la situation était catastrophique pour l'Arménie, acculée et poussée à la retraite sur plusieurs fronts tandis que l'armée azerbaïdjanaise menaçait la capitale du Haut-Karabakh.

La colère après le limogeage de hauts responsables militaires

Porté au pouvoir en 2018 par une révolution populaire dénonçant la corruption des élites post-soviétiques, Nikol Pachinian a accentué la colère fin février en décidant de limoger plusieurs hauts responsables militaires, les accusant d'avoir voulu fomenter un coup d'État.

Pouvoir et opposition ont fini par s'entendre sur les élections anticipées de juin, bien que cette dernière a appelé à une nouvelle manifestation dimanche.

Depuis cet accord, la loi martiale décrétée à cause de la guerre a été levée et la Cour constitutionnelle arménienne a ordonné l'abandon des poursuites contre l'ex-président Robert Kotcharian, un détracteur de Nikol Pachinian.

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