Arménie: les opposants à l'accord sur le Haut-Karabakh manifestent à Erevan

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Deux à trois mille personnes ont manifesté ce mercredi à Erevan, malgré l'interdiction des autorités, pour dénoncer l'accord de fin des hostilités au Haut-Karabakh consacrant une victoire de l'Azerbaïdjan.

Avec notre envoyée spéciale à Erevan, Anissa el-Jabri

Des policiers fondent dans la foule et embarquent des organisateurs et des porte-paroles du mouvement, à peine la manifestation commencée. Au même moment, sur les téléphones scrutés par les contestataires, une nouvelle tombe : un leader de l’opposition est interrogé par les services de sécurité. Il s'agit de Gagik Tsaroukian, le dirigeant du parti Arménie prospère.

Microphone à la main, sur les marches de l’Opéra, une femme harangue la foule : « Le Premier ministre a fait arrêter l’un des nôtres il y a deux heure, il a vendu le Haut-Karabakh, il a vendu nos terres, nos églises, il a tout lâché à l’ennemi. » « Traître », « Démission », scande la foule.

Mâchoires serrées et regard noir, Andranik, 63 ans, vétéran de la guerre d’indépendance du Haut-Karabakh dans les années 90, avait ses deux fils enrôlés dans le conflit qui vient de se terminer. L’un est mort. Andranik fulmine : « Pachinian est planqué dans un bunker et il se permet de parler de nos soldats. Comment peut-il prétendre diriger l’armée ? En plus, il n’a jamais fait la guerre, ce n’est même pas un vrai mec. »

Tôt dans la matinée, l’armée a pourtant bien essayé de défendre le Premier ministre. « Nikol Pachinian a pris sa décision sur nos recommandations. La fin de la guerre était une nécessité absolue », a déclaré un porte-parole de l’état-major.

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