Arménie: face à l'incertitude de la situation, les déplacés ont peur de rentrer chez eux

La situation semble s’être stabilisée une semaine après les premiers échanges de tirs de l'Arménie avec l’Azerbaïdjan. Ce week-end, la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, a permis au cessez-le-feu de tenir. Mais à Erevan, où près de 7 600 déplacés sont toujours bloqués, la peur d’une reprise des hostilités est palpable.

Avec notre correspondante à Erevan, Manon Chapelain

Dans la banlieue de Erevan, Anna et ses quatre enfants s’entassent dans trois petites pièces. Il y a une semaine, ils se sont réfugiés dans la capitale après avoir reçu des tirs d’obus. Leur village est situé à quelques mètres à peine de la frontière avec l’Azerbaïdjan. « À la base, j’avais loué cet appartement à Erevan pour les études de mes deux filles, explique-t-elle. Mais avec les bombardements qui ont commencé, le reste de ma famille nous a rejoints, et désormais nous sommes tous bloqués ici. »

Rumeurs

À part de l’eau et du café, ici, la famille manque de tout. Alors quand Anna voit que les combats sont à l’arrêt depuis jeudi, elle hésite. Peut-être est-ce le moment de rentrer chez elle. « Je n’ai pas peur pour moi, je me sens forte quand je suis dans mon village, c’est ma terre natale, je ne pourrais jamais la quitter, témoigne-t-elle. Mais je m’inquiète pour mes enfants, je ne veux pas qu’ils vivent la guerre. J’attends encore de voir comment la situation évolue. »

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