Arles : Michael Wolf et les méfaits du logis

Libération.fr

Les Rencontres exposent une large partie de l’œuvre du photographe allemand installé à Hongkong, qui a saisi l’âpreté de la vie au cœur des mégapoles saturées.

Depuis que la Suissesse Maja Hoffmann a entrepris de racheter Arles, les Rencontres de la photographie doivent composer avec les desseins personnels de cette richissime alliée. L’immense espace des Ateliers, qui a permis au festival d’étendre son envergure, se rétrécissant sans cesse, de nouvelles friches contribuent à redynamiser l’événement, à l’exemple de l’ancien garage, Croisière, cet été. Et puis il y a ces glorieux vestiges, qui demeurent des points d’ancrage, du cloître Saint-Trophime à l’ancien palais de l’archevêché. L’église dominicaine des Frères prêcheurs appartient à cette catégorie, bâtiment désaffecté de style gothique qui offre un magnifique terrain de jeu scénographique, comme on peut le vérifier avec l’exposition des travaux de Michael Wolf. Présenté dans les collections de grands musées de par le monde, Wolf ne concourt certes par dans la catégorie «découverte». Mais le parcours provençal qui lui est consacré arrive à point nommé pour célébrer la méticulosité obsessive avec laquelle l’artiste allemand inventorie le quotidien citadin, tout en adaptant sa démarche à l’évolution du médium. Que de chemin couvert, en effet, du noir et blanc humble d’une maisonnette de la Ruhr où une baignoire de fortune trône dans la cuisine, aux récentes captations d’images pixelisées de Google Street View où, signe des temps, le photographe devenu plus inquisiteur dans l’espace public que dans la sphère privée, traque des attitudes équivoques.

Originaire de Munich, Wolf a vu du pays avant de poser son baluchon à Hongkong en 1994. Longtemps, cependant, il ne prête aucune attention à l’ancienne colonie britannique, qui ne lui sert que de base arrière pour les reportages qu’il effectue en Chine, à la demande du magazine Stern. Mais, en 2003, l’épidémie de Sras, qui sème la panique sur le territoire, a une (...)

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