Dans l’Ariège, 14 volontaires vont vivre confinés dans une grotte pour une étude scientifique

Johanna Amselem
·2 min de lecture
small cave or grotto in mountain cliff, mountaineering and caving in rocks

Un chercheur veut analyser comment le cerveau réagit quand il est coupé de tout indicateur temporel.

Non, ce n’est pas un nouveau concept de télé réalité mais bien une étude scientifique. À partir du 14 mars, 14 personnes vont vivre coupés du monde pendant quarante jours. Tous ces participants sont des non-professionnels de l’exploration et présentent des profils très différents. Ces hommes et ces femmes seront privés de toutes notions du temps, plongés dans le noir de la grotte de Lombrives à Ussat-les-bains (Ariège). Une localisation qui n’a pas été choisie au hasard : "Nous avons visité plusieurs grottes en France avant de nous arrêter sur celle de Lombrives. Ses volumes et son accessibilité correspondent à ce que l’on recherche, et les équipes de Lombrives nous ont accueillis chaleureusement avec beaucoup d’aisance, et nous permettent de nous installer, ce qui n’est pas une tâche simple", a expliqué l’explorateur-chercheur Christian Clot.

Une expérience unique

Pas de lumière du jour, pas de montre pour cette expédition unique baptisée "Deep Time". Cette expédition unique au monde, menée par l’explorateur-chercheur et les équipes de Human Adaptation Institute, entraîne avec elle des participants âgés de 28 à 50 ans. Objectif ? Étudier les liens du cerveau avec le temps et la synchronicité au sein d’un groupe.

L’idée de cette étude est venue au chercheur en analysant les effets psychologiques liées à la crise sanitaire actuelle. "Plus de 70 % de la population présente des symptômes de fatigue psychique et 40 % ont perdu la notion du temps, la capacité de projection, et la compréhension de leur monde", a résumé le chercheur cité par La Dépêche du Midi.

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"Une vision large de l'adaptation humaine"

"Nos recherches sont intégratives, pluridisciplinaires, de la cognition à la génétique, de la psychologie à l’éthologie et assurent une vision large de l’adaptation humaine. Les émotions, les perceptions ainsi que les mécanismes d’acceptation et de décisions peuvent également être évalués de manière très fine grâce à l’observation immédiate plutôt qu’au travers de récits basés sur la mémoire", a détaillé Christian Clot cité par France 3 Occitanie.

Une étude qui fera très certainement écho au confinement imposé pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 comme l’explique Christian Clot : "Il existe un parallèle notoire entre les individus du monde entier qui ont dû se confiner dans leur “grotte”, physique et mentale, et les explorateurs qui se plongent dans cette réalité temporelle, au plus près de la nature et des roches".

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