Ariane 6 ne décollera pas avant 2022

Par Guerric Poncet
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Vue d'artiste d'Ariane 6.
Vue d'artiste d'Ariane 6.

L'Europe spatiale n'avait pas vraiment besoin de cela. Le nouveau lanceur européen Ariane 6, fruit de nombreux compromis budgétaires qui ont limité ses capacités, arrivera sur le marché avec un an et demi de retard, soit au second trimestre 2022, alors que son premier tir était prévu pour la fin de 2020. La décision de report a été annoncée jeudi 29 octobre par l'Agence spatiale européenne à l'issue d'une réunion du conseil de l'ESA. « C'est à la fois dû au Covid-19 et à des difficultés techniques », a commenté Johann-Dietrich Wörner, directeur général de l'ESA. La fusée de nouvelle génération doit remplacer Ariane 5 et Soyouz, le lanceur moyen russe opéré aussi par Arianespace.

En premier lieu, c'est la livraison du nouveau pas de tir ELA4 à Kourou qui pose problème : les restrictions sanitaires en Guyane ont été très sévères et la reprise du chantier reste difficile, malgré les efforts du Centre national d'études spatiales (Cnes), responsable des travaux : seuls 50 % des effectifs sont aujourd'hui opérationnels. Des problèmes techniques liés aux bras cryogéniques rétractables, fixés à la fusée jusqu'à son décollage, ont rajouté des délais.

Le pas de tir Ariane 6 en construction à Kourou, en Guyane, le 5 mars 2020. © JODY AMIET / AFP

Une production répartie sur 13 pays

La construction de la fusée elle-même a aussi pris du retard. Le test réussi en octobre du booster P120, qui doit équiper Ariane 6, a certes rassuré les équipes après les essais eux aussi réu [...] Lire la suite