Ariane 6 : grand entretien avec Daniel Neuenschwander, le directeur du transport spatial à l'ESA

Initialement annoncé par l'industrie à l’été 2020, le premier vol d'Ariane 6 a été reporté à une date qui sera annoncée à la fin du mois en raison de la Covid-19, de difficultés imprévues propres au développement de tout nouveau lanceur et de retards dans des essais réalisés à Lampoldshausen, en Allemagne, et au Centre spatial guyanais.

Pour l’Agence spatiale européenne (ESA), le retard de la mise en service d’Ariane 6 complique l’organisation de son calendrier des lancements, fragilisé par l’abandon des lancements Soyouz depuis Kourou. À cela s’ajoute que l’ESA doit aussi tenir compte des missions commerciales, avant tout du contrat de 18 lancements signé entre Arianespace et Amazon afin de déployer une partie des satellites de la constellation Kuiper. Un contrat qui va limiter les créneaux de lancement disponibles car le système Ariane 6 a été dimensionné initialement pour réaliser un maximum de 12 missions chaque année.

Mais, si la plupart des satellites européens que devait lancer Soyouz devraient l’être par Ariane 6 ou Vega C, l’ESA sera tout de même contrainte d’utiliser des services de lancement non européens pour un certain nombre d’entre eux.

La parole à Daniel Neuenschwander, directeur du transport spatial à l'Agence spatiale européenne.

Futura : Comment expliquez-vous les retards d'Ariane 6 ? Je ne pense pas que la Covid-19 ou des difficultés imprévues dans des essais ou le développement du lanceur les expliquent tous. Peut-être que l'assouplissement du principe du retour géographique engagé avec Ariane 6 n’est pas suffisant...

Daniel Neuenschwander : Non, je ne pense pas que la contrainte du retour géographique soit un frein dans les difficultés actuelles rencontrées dans la phase finale du développement d’Ariane 6. Avant d’expliquer ces retards, il me paraît intéressant de faire un point sur l’état d’avancement d’Ariane 6. Cet été, nous avons débuté les essais combinés d’Ariane 6 et réalisé deux étapes importantes. Il y a eu la verticalisation du corps...

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