Ariane 6 : « Nous devons améliorer nos lanceurs » face à SpaceX, reconnaît l'ESA

Propos recueillis par Guerric Poncet
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Vue d'artiste d'Ariane 6.
Vue d'artiste d'Ariane 6.

L'Agence spatiale européenne (ESA) a annoncé, jeudi 29 octobre, que la fusée Ariane 6 ne prendrait son envol qu'en 2022, et non fin 2020, comme c'était initialement prévu. La pandémie de Covid-19 ainsi que des difficultés techniques ont fortement affecté la construction du pas de tir ainsi que les tests du futur lanceur lourd européen. Entretien avec Johann-Dietrich Wörner, directeur général de l'ESA.

Le Point : Que répondez-vous à ceux qui qualifient Ariane 6 de peu innovante ?

Johann-Dietrich Wörner, directeur général de l'ESA. © ESA / Philippe SebirotJohann-Dietrich Wörner : Nous avons décidé en 2014 de faire confiance au projet des industriels qui avaient proposé Ariane 62 et Ariane 64 (les deux modèles en développement, NDLR), en nous promettant des lancements 50 % moins chers qu'avec Ariane 5. Il se trouve qu'Elon Musk (le patron de SpaceX, NDLR) arrive aujourd'hui à faire encore moins cher sur certains segments. Cela signifie que nous devons travailler à améliorer encore nos lanceurs ! Et surtout, nous devons nous assurer que les lancements institutionnels européens se fassent avec des lanceurs européens, comme le font les Américains avec les lancements du Pentagone et de la Nasa. Si nous lançons plus de fusées, nous pourrons aussi réfléchir à un lanceur européen réutilisable. Aujourd'hui, c'est impossible, car cela voudrait dire que l'industrie spatiale européenne ne construirait qu'un seul lanceur par an?

La pandémie a montré une certaine fragilité [...] Lire la suite