Argentine: le président instaure des mesures économiques d'urgence

Alberto Fernandez a déclaré son pays en situation de « défaut virtuel » concernant le remboursement de sa dette, et que l'Argentine traversait sa plus grave crise depuis le défaut de 2001. Il a donc présenté une loi d’urgence économique.

Cette loi d'urgence économique prévoit une hausse de la fiscalité pour les classes supérieures et moyennes et l'instauration d'une taxe de 30 % pour tous les achats en devises étrangères. En parallèle, elle vient en aide aux plus pauvres en augmentant les aides sociales. Ces mesures s'ajoutent à celles prises le 14 décembre où le gouvernement a décidé de durcir les taxes sur les exportations agricoles, seul secteur en forte croissance.

La dette publique atteint 93% du PIB contre 52,6% en 2015, et le taux de pauvreté 41%. Le président Alberto Fernandez, renvoie la responsabilité de cette dégradation à son prédécesseur Mauricio Macri.

Chute du peso de 70 %

Depuis janvier 2018, la monnaie nationale a décroché et le pays a dû demander au FMI un rééchelonnement de sa dette. En contrepartie d'un programme d'austérité, l'institution lui a accordé un prêt de 57 milliards de dollars, dont 44 milliards ont été versés.

Alors que le peso a chuté de 70 % en à peine deux ans, le président a assuré que l'Argentine « a la volonté de payer » sa dette extérieure, mais n'a pas « les moyens de le faire ». Après le report d'un paiement de 9 milliards de dollars, les agences de notation Fitch et Standard and Poor's ont abaissé la note de l'Argentine à CC. Elles considèrent le pays en « défaut sélectif », à savoir un État qui ne rembourse pas à temps l'intégralité de ses emprunts.

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