Argentine: le ministre de la Santé démissionne après avoir proposé à ses amis de se faire vacciner

H.G.
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Gines Gonzalez Garcia, le ministre argentin de la Santé démissionnaire, le 10 décembre 2020 à Buenos Aires. - Juan Mabromata
Gines Gonzalez Garcia, le ministre argentin de la Santé démissionnaire, le 10 décembre 2020 à Buenos Aires. - Juan Mabromata

Un passe-droit qui ne passe pas. Le ministre de la Santé argentin, Ginés González García, a démissionné vendredi à la demande du président Alberto Fernandez, après des révélations selon lesquelles il proposait à ses amis de se faire vacciner au ministère sans prendre rendez-vous dans un hôpital.

"Je démissionne de mon poste de ministre de la santé en réponse à votre demande expresse", a écrit González García vendredi dans une lettre au président.

Il a été remplacé par Carla Vizzotti, une spécialiste en médecine interne de 48 ans, connue pour avoir négocié le vaccin russe Spoutnik V pour l'Argentine, selon l'agence de presse officielle Telam.

González García, 75 ans, était à ce poste depuis 2019 et avait géré la pandémie depuis le début, mais son mandat a été terni par le sandale des "vaccins privilège".

Des difficultés pour les personnes âgées de se faire vacciner

C'est le journaliste Horacio Verbitsky, 71 ans - l'un des premiers à enquêter sur le mécanisme de "vols de la mort" pendant dans la dictature dans son livre "El Vuelo" publié en 1995 - qui a raconté lui-même à la radio s'être fait vacciner au ministère suivant les indications de son vieil ami le ministre.

Il a fait cet aveu le jour même où, à Buenos Aires, un site internet municipal mis en place pour permettre aux personnes âgées de plus de 80 ans de prendre rendez-vous pour se faire vacciner à partir de lundi a été presque immédiatement saturé par une demande gigantesque.

Le patron de la station de radio sur laquelle Horacio Verbitsky a révélé s'être fait vacciner, Roberto Navarro, a annoncé qu'il avait mis un terme aux contributions du journaliste, déclarant sur Twitter qu'il était "immoral qu'avec 50.000 morts, des VIP soient vaccinés. Il est immoral de savoir qui l'a autorisé et qui s'est fait vacciner".

Horacio Verbitsky préside aussi le Centre d'études juridiques et sociales (CELS), consacré aux droits de l'homme, dont les employés ont vivement réagi.

"L'équipe des travailleurs du CELS rejette cette action ou tout autre privilège", ont-ils fait savoir sur Twitter.

50.000 morts du Covid-19 dans le pays

Le scandale a provoqué une déferlante de réactions sur les réseaux sociaux sous le hashtag #vacunasvip ("vaccinsVIP").

L'Argentine a dépassé le 13 février le seuil des 50.000 décès liés au Covid-19 et compte plus de deux millions de cas de contamination par le coronavirus, a annoncé le ministère de la Santé.

La classe politique du Pérou est ébranlée par un scandale similaire autour de la vaccination en toute discrétion de 487 personnalités, parmi lesquelles un ex-président, deux ministres, des fonctionnaires, des universitaires, des hommes d'affaires et le nonce apostolique avant même le début de la campagne d'immunisation.

Article original publié sur BFMTV.com