Argentine: Javier Milei dénonce la "persécution judiciaire" contre Jair Bolsonaro au Brésil

Le chef de l'État argentin Javier Milei a dénoncé ce dimanche 7 juillet la "persécution judiciaire" présumée contre l'ex-président brésilien Jair Bolsonaro lors d'une conférence des conservateurs au Brésil où il a dénoncé les gouvernements de gauche dans la région.

"Regardez la persécution judiciaire subie par notre ami Jair Bolsonaro ici au Brésil", a déclaré Javier Milei sous les applaudissements de milliers de sympathisants lors de la Conférence d'action politique conservatrice (CPAC) à Balneario Camboriu, dans l'État de Santa Catarina (sud).

Pour sa première visite au Brésil, l'ultra-libéral Javier Milei a snobé le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, avec lequel il a échangé des griefs, et a préféré rencontrer Jair Bolsonaro et les gouverneurs conservateurs des États de Santa Catarina, Jorginho Melo, et de São Paulo, Tarcisio Freitas.

Dans une longue diatribe à l'encontre du "socialisme appauvrissant" dans la région, le président argentin s'en est pris aux "dictatures meurtrières" du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua, et a intensifié ses critiques à l'égard du gouvernement bolivien pour avoir "organisé un faux coup d'État".

"Le socialisme (...) mène nécessairement à l'esclavage ou à la mort", et lorsque les gouvernements "résistent sur cette voie (...) ils finissent soit par être rejetés par la société, soit par violer la liberté et jouer avec la vie de leurs citoyens pour se maintenir au pouvoir", a-t-il fustigé. Mais "je veux vous dire que le vent du changement souffle sur le monde", a-t-il ajouté.

La liberté d'expression "remise en cause"

Javier Milei a également déclaré que la liberté d'expression est "remise en cause dans les grandes puissances du monde" sous "l'excuse de ne pas heurter les sensibilités ou de respecter les minorités bruyantes qui veulent imposer leur point de vue minoritaire", et que certains pays commettent des "aberrations" pour l'étouffer.

Il a notamment cité le Brésil, où les partisans bolsonaristes dénoncent régulièrement une forme de censure dans les tentatives des institutions de lutter contre la désinformation et les discours de haine sur les réseaux sociaux.

Le président argentin a défendu sa politique de libéralisation de l'économie argentine, approuvée le mois dernier par le Congrès, et a accusé l'opposition de continuer à "faire l'impossible pour boycotter" son gouvernement.

Le chapitre latino-américain de la CPAC, lancée il y a quarante ans aux États-Unis, a rassemblé des milliers de partisans de l'ancien chef d'État d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), tels que des représentants du secteur agricole et des militants anti-avortement.

Une journaliste harcelée

La conférence ne s'est pas déroulée sans incident. La chaîne d'informations CNN Brésil a rapporté que sa journaliste Isadora Aires a été "harcelée par des manifestants" lors de l'événement et a dû être exfiltrée par les services de sécurité.

Samedi, l'ex-président brésilien a été salué comme le seul choix de la droite, malgré sa disqualification pour l'élection présidentielle de 2026 et l'accumulation de problèmes judiciaires auxquels il est confronté. "Malgré les problèmes (...) -j'ai encore quelque 300 procès- nous n'allons pas reculer", a assuré Jair Bolsonaro devant une foule euphorique.
La semaine dernière, la police fédérale du Brésil a recommandé l'inculpation de l'ancien président pour blanchiment d'argent et d'autres infractions dans le cadre d'une enquête sur le détournement présumé de bijoux offerts par l'Arabie saoudite. Et il attend toujours les conclusions d'une enquête sur la falsification présumée de certificats de vaccination contre le covid-19. Jair Bolsonaro fait également l'objet d'une enquête pour le saccage de lieux de pouvoir à Brasilia par des milliers de ses partisans en janvier 2023 et pour une "tentative de coup d'État" pour se maintenir au pouvoir.

Article original publié sur BFMTV.com