Argentine: 403 journalistes fichés sous la présidence de Mauricio Macri

En Argentine, selon la direction de l’agence fédérale du renseignement, plus de 400 journalistes auraient été fichés ainsi qu’une centaine de personnalité de la société civile, sous la présidence de Mauricio Macri. Ce système mis en place notamment à l’occasion de sommets du G20 et de l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce, aurait permis de décider qui pouvait bénéficier d’accréditations lors de ces rendez-vous. La liste inclut des dizaines de journalistes de médias étrangers. 

C’est une affaire qui pourrait bien ternir un peu plus l’image de Mauricio Macri. Car l’ancien président argentin avait déjà été mis en cause pour espionnage illégal lorsqu'il était maire de Buenos Aires. Un dossier qui avait été classé sans suite après son arrivée à présidence en décembre 2015.

Selon la nouvelle direction de l’Agence fédérale du renseignement, trois enveloppes « 2017 », « journalistes G20 » ou encore « divers » auraient été retrouvées dans un coffre-fort. À l’intérieur de ces enveloppes, des fiches avec des indications de différentes couleurs, des informations récoltées sur de multiples supports et des annotations du type  « Prend toujours parti contre le gouvernement ». Au total, 403 journalistes seraient concernés, mais également une centaine d’universitaires, d’entrepreneurs et de membres de la société civile.

Une plainte a été déposée vendredi 5 juin dernier par Cristina Caamaño, chargée par le nouveau président Alberto Fernandez de mener un audit de l'Agence fédérale du renseignement. Ce lundi, elle doit apporter les preuves à la justice. Au total, quatre responsables sont visés dont l’ancien chef d’État en tant que personnalité « chargée de déterminer les objectifs stratégiques de la politique de renseignement nationale ».