Les arbres sont-ils responsables de l'extinction du Dévonien ?

Walter B. Myers / Leemage via AFP

Le pourrissement des racines des premiers arbres sur Terre a envoyé vers la mer des tonnes de nutriments responsables d'une eutrophisation fatale aux organismes marins.

L'extinction du Dévonien s'est produite il y a environ 380 à 359 millions d'années. Il a vu la disparition d'environ 75% des espèces avec un coup porté principalement chez les organismes marins. Sur la terre ferme, les plantes et animaux ont, semble-t-il, mieux résisté mais la pauvreté du registre fossile terrestre rend difficile toute évaluation précise. La dynamique même de cette extinction interroge, puisque les scientifiques estiment qu'elle a pu se dérouler en 3 épisodes s'étalant sur 20 millions d'années. De même, les causes de cette disparition massive sont encore débattues et une nouvelle hypothèse, déjà formulée autrement, est proposée par les scientifiques de l'Université de l'Indiana.

L'apparition des arbres

Le Dévonien est aussi appelé "l'Âge des poissons" avec à cette période une importante diversification de ce groupe et l'apparition de lignées qui seront à l'origine des vertébrés modernes ainsi que des premières formes de vie qui expérimenteront la sortie de l'eau. Mais, justement, sur la terre ferme, s'est également produit une transformation capitale : l'essor des premiers arbres. Avec l'Archaeopteris comme symbole, considéré par les spécialistes comme l'arbre le plus proche des formes actuelles. L'avènement des arbres a profondément modifié l'aspect de la Terre et peut-être aussi de ses océans, comme l'affirment les paléontologues dans une étude parue dans la revue Geological Society of America Bulletin. Selon eux, le pourrissement des racines des premiers arbres a généré un afflux massif de matière organique dans les mers. Il a causé une prolifération généralisée des algues qui, elles-mêmes, ont consommé la quasi-totalité de l'oxygène marin, entraînant ainsi des périodes d'extinctions marines.

Ce processus, nommé eutrophisation, est similaire à ce qui se produit actuellement, à plus petite échelle, dans certaines régions tout autour du globe. La cause en est différente : ce sont les rejets des activités agricoles (lisiers, engrais...) qui fourniss[...]

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