Arabie saoudite: les «licenciements» massifs de Yéménites inquiètent Human Rights Watch

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Human Rights Watch (HRW) alerte sur le licenciement de masse de Yéménites qui travaillent en Arabie saoudite. L'ONG appelle Riyad à revenir sur une nouvelle réglementation qui condamne des milliers de travailleurs à un retour dans leur pays, en proie à une guerre meurtrière et la pire crise humanitaire au monde.

« Les autorités saoudiennes sont en train de licencier des centaines, voire des milliers d'employés yéménites, les menaçant de rentrer au Yémen en proie à un conflit et une crise humanitaire », déclare Afrah Nasser, chercheuse responsable du Yémen au sein de HRW, dans un communiqué publié mardi.

Riyad a commencé en juillet à « mettre fin ou ne pas renouveler » les contrats d'employés yéménites, rapporte HRW. À cette date, le ministère saoudien des Ressources humaines avait annoncé des nouvelles règles contraignant les entreprises à limiter le nombre d'employés originaires de certains pays, dont le Yémen. Dans le cas des Yéménites, leur nombre ne peut surpasser 25% de la masse salariale d'une entreprise.

Une décision lourde de conséquence alors qu'environ deux millions de Yéménites vivent et travaillent en Arabie saoudite voisine, selon des données du gouvernement yéménite datant de 2020. Certains sont nés dans le royaume saoudien et n'ont jamais mis les pieds au Yémen.

Sept ans de guerre au Yémen

Les licenciements d'employés yéménites en Arabie saoudite ont lieu dans un contexte de guerre au Yémen qui oppose depuis sept ans les forces du gouvernement – appuyées par une coalition militaire menée Riyad qui intervient au Yémen –, aux rebelles houthis soutenus par l'Iran.

Des dizaines de milliers de personnes sont mortes et des millions d'autres ont été déplacées par ce conflit, selon des ONG internationales et qui d'après l'ONU a provoqué la pire crise humanitaire au monde.

HRW demande la suspension des licenciements

Le licenciement de masse de main-d’œuvre yéménite, c’est une perte énorme pour la population d’un pays déjà exsangue. Le Yémen d'avant-guerre faisait déjà office de nation la plus pauvre de la péninsule arabique et depuis le début du conflit, de nombreux Yéménites dépendent plus que jamais des transferts venus de leurs compatriotes dans le Golfe. Selon le gouvernement yéménite, en 2018, les transferts en provenance d'Arabie saoudite représentait 61% de tous les transferts provenant de l'étranger.

HRW demande à Riyad de suspendre la nouvelle réglementation et autoriser ces employés à rester en Arabie saoudite. Les autorités saoudiennes n'ont pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP.

► À lire aussi : Yémen: un nouvel émissaire de l'ONU pour régler un conflit dévastateur

(Avec AFP)

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