"Aquarius" : Kleber Mendonça Filho exhume les maux du Brésil

Boris Courret
Pour son deuxième long métrage, Kleber Mendonça Filho nous propose, à travers le portrait d'une femme à la soixantaine bien sonnée, une critique acerbe de la société brésilienne. Un film porté par la prestation saisissante de son actrice, Sônia Braga.

Et si, là-bas, rien n'avait changé ? Si les maux d'hier minaient encore la société brésilienne d'aujourd'hui ? Si la patine du temps ne marquait que les corps, les visages et pas grand-chose d'autres ? C'est en tout cas ce que l'on pourrait se dire en sortant de la projection du film de Kleber Mendonça Filho.
 
Nous sommes en 1981. La nuit est tombée depuis longtemps déjà. Une voiture s'amuse à tourner en rond sur une plage de Recife. À l'intérieur, ses occupants, sont hilares. Parmi eux, il y a Clara. Peau mâte, cheveux ras, sourire large et mélancolie dans le regard. Elle est belle. Rayonnante. Vivante. Elle vient de se remettre d'un cancer du sein et s'apprête à profiter d'une fête organisée pour l'anniversaire d'une grande tante, dans l'appartement familiale.
 

Réminiscence

C'est dans ce même appartement, empli de vieux vinyles, réminiscence du temps où elle était critique musicale, que nous la retrouvons. Un appartement, faisant face à cette plage de Recife, dans un petit immeuble répondant au nom d'Aquarius, où elle a grandi, où ses enfants aussi ont grandi. Et qu'elle n'est prête à céder pour rien au monde. La caméra se centre sur elle, perpétuellement, à la faveur de longs plans séquences fixes, plus sublimes les uns que les autres.

Clara a vieilli. Le cancer qu'elle a connu meurtrit encore sa poitrine, comme le montre une image fugace, marque que la comédienne a elle aussi connu cette épreuve. Mais elle est restée belle. Le visage relevé et la tête emplie de souvenirs du passé. Car Clara est maintenant un peu seule. Ses grands enfants lui rendent visite, quelque fois. Trop rarement se dit-elle certainement. Quant à l'immeuble, il est désert. Tous ses voisins ont accepté de vendre leur appartement à un riche prometteur immobilier. Pas elle. Droite, fière, elle est bien décidée à ne pas céder face au harcèlement, voir à l'intimidation de ce dernier.
 

Classe moyenne

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