Après la vodka, voici le parfum à base de CO2

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C’est le 3e produit à base de dioxyde de carbone, après le gel hydroalcoolique et la vodka, développé par l’entreprise Air Company. Sa promesse : réduire les émissions en capturant le CO2 de l'air.

INNOVATION - Ça sent bon le CO2. La start-up Air Company vient de sortir une nouvelle eau de parfum dont l’ingrédient principal, l’éthanol (de l’alcool pur), utilise du CO2 capté dans l’air.

L’éthanol est habituellement obtenu par fermentation et distillation d’une céréale, comme le maïs. La culture des céréales consomme énormément d’eau, rejette des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique et utilise des engrais chimiques. Rien de très réjouissant pour la planète. 

C’est pourquoi Air Company, dans son usine de Brooklyn, a développé une technologie de captage du CO2. La start-up aspire le CO2 des industries voisines et le combine avec de l’hydrogène qu’elle produit par électrolyse, un processus qui sépare l’oxygène et l’hydrogène de l’eau. Cette technique permet de créer de l’éthanol, ingrédient présent dans les boissons alcoolisées ou encore dans les gels désinfectants.

L’entreprise s’est d’ailleurs emparée de l’envolée du marché des gels hydro alcooliques pendant l’épidémie de Covid pour développer son propre gel “neutre en carbone”. Avant ça, elle avait fait parler d’elle en produisant Air vodka, une boisson à 40% d’alcool qui éliminerait 0,5 kg de CO2 de l’atmosphère pour chaque bouteille fabriquée. Louant cette avancée, Air Company pointe que la vodka traditionnelle libère environ 7kg de CO2 par bouteille. 

Et la start-up voit encore plus loin: elle prévoit de vendre du carburant pour avion à base de CO2. Gregory Constantine, cofondateur et directeur général, explique son ambition dansFastCompany : “Notre objectif a toujours été (...) de montrer aux gens qu’il est possible de fabriquer des produits vraiment durables que les gens utilisent tous les jours dans leur vie”. 

Un parfum de greenwashing

L’initiative est louable sur le papier, mais comparée à l’ampleur de la quantité de gaz à effet de serre rejetée par l’homme, cette innovation peut passer pour une mesurette. De plus, de nombreux chercheurs soulignent que les technologies nécessaires au captage et stockage du carbone dans l’air ne sont pas encore viables pour réduire suffisamment le CO2 atmosphérique.

C’est une “distraction dangereuse” pour certains écologistes, rappelle le quotidien britannique The Guardian. Pour eux, seule la mise à pied des industries pétrolières, de charbon et de gaz permettra d’éviter la catastrophe climatique. Les techniques de captation et de stockage pourraient même favoriser l’exploitation d’hydrocarbures, rapporte cette tribune de Reporterre.

Oui, mais pour Grégory Constantine, la société ne changera pas ses habitudes pour se contraindre aux objectifs de réduction de gaz à effet de serre, ce sont aux industries de s’y plier: “ Les gens vont boire quoi qu’il arrive, répond-t-il dans The Guardian, ils consomment de l’alcool depuis des milliers d’années, alors si vous pouvez offrir une solution qui leur permette de se sentir mieux à ce sujet, c’est une partie de la solution”. 

Une position que soutient le milliardaire et patron de SpaceX Elon Musk, qui a promis en janvier 100 millions de dollars à qui développerait la meilleure technologie pour capter du CO2. 

Voir aussi sur Le HuffPost : Greenpeace remet les “boulets du climat” 2020 avec un prix spécial à Macron

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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