Après la tuerie d'Uvalde, la série de photos "Ameriguns" fait froid dans le dos

Le photographe italien Gabriele Galimberti a dressé les portraits de collectionneurs d'armes aux États-Unis. Publiée en 2020, la série refait surface sur Twitter depuis la tuerie d'Uvalde au Texas.

ÉTATS-UNIS - Plus d’armes que d’habitants. Un photographe italien, Gabriele Galimberti, a réalisé une série de clichés illustrant la culture des armes profondément ancrée aux États-Unis. Baptisée Ameriguns, elle a été mise en page dans un livre publié en 2020. Mais après la tuerie dans une école d’Uvalde au Texas, faisant 21 morts dont 19 enfants, les images ont refait surface sur les réseaux sociaux.

Partagées sur un compte Twitter américain le samedi 28 mai, elles sont rapidement devenues virales, accumulant plusieurs dizaines de milliers de partages. Alors que la tragédie intensifie le débat autour du port d’armes dans le pays, la série scandalise les internautes anti-armes.

Pour créer Ameriguns, Gabriele Galimberti s’est rendu dans les quatre coins des Etats-Unis, de New York à Honolulu, pour rencontrer des propriétaires de collections particulièrement démesurées. Jeunes parents, retraités, ou encore étudiants, tous ont des profils très différents mais partagent la même fierté face à l’artillerie soigneusement étalée sur le sol de leur propre maison.

“Si je n’ai pas d’arme sur moi, je me sens nu”

La présence d’enfants sur certaines images les rendent d’autant plus marquantes. L’artiste ne manque pas de créer une forte rupture en accolant leurs jouets à ceux de leurs parents.Sur l’une des photographies, Gabriele Galimberti capture une famille texane, dont le fils ainé, seulement âgé de 11 ans, tient une arme à bout de bras. “On pourrait croire que c’est un jouet, mais non, c’est un vrai pistolet qu’il a lui-même monté. Quant à Paige (la fille cadette) elle n’a pas encore d’arme à elle, mais elle en aura bientôt une”, a expliqué le photographe au média Made In Perpignan à l’occasion du festival Visa pour L’Image en septembre 2021.“Sur la prise de vue, il y en a environ 200. Ils en sortaient de plus en plus, ils en ont même posé sur le toit. À un moment j’ai dit stop, il n’y a plus de place! Mais il y en avait encore d’autres dans la maison”, a-t-il ajouté.

Pour chaque photo, l’artiste a ajouté des histoires basées sur des entretiens avec les principaux intéressés. Les témoignages sont aussi glaçants que les images. “Si je n’ai pas d’arme sur moi, je me sens nu”; “Quand j’entend parler d’une fusillade, ça me fait le même effet qu’un accident de la route”; “J’ai acheté mon premier pistolet quand j’étais à l’université, avant ça j’utilisais ceux de mes parents”... Les phrases que l’on retrouve dans les pages du livres ont de quoi troubler.

Spécialiste de la photographie graphique, Gabriele Galimberti crée alors une mise en scène soignée rendant les clichés encore plus dérangeants. “Il y a plus d’armes que d’habitants: 400 millions enregistrées, contre 328 millions d’Américains”, a-t-il insisté lors du festival Visa pour l’Image. Confronté à ces chiffres, le photographe a donc voulu “rendre cela visuel”.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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