“Après trente ans dans un phare en Norvège, la solitude me pousse à rentrer dans mon pays”

Photo Svein-Magne Tunli / S.M. Tunli - tunliweb.no / CC

Thomas Bickhardt a passé presque toute sa vie d’adulte sur une falaise de la côte ouest de la Norvège, dans un phare qu’il a entièrement rénové. Maintenant, à presque 60 ans, il veut rentrer vivre en Allemagne, son pays d’origine, explique Der Spiegel, qui lui consacre un portrait. Mais pourquoi vouloir rentrer alors qu’on a accompli tout ce dont on rêvait ailleurs ? Thomas Bickhardt, qui a fait des études de psychologie, se le demande aussi.

Une fois son diplôme en poche, il a pris la route avec son van vers le nord en quête de grands espaces et de calme. Il avait 31 ans et la Norvège, où il avait passé des vacances en famille, était le pays de ses rêves. “Les côtes escarpées, le vert luxuriant, l’air pur, la lumière unique – Bickhardt est toujours enthousiaste lorsqu’il décrit son pays d’adoption”, note le magazine allemand. Il tombe sur un phare et s’y installe gratuitement en s’engageant à effectuer à ses frais les importants travaux de rénovation. “J’ai plongé profondément dans mon rêve”, écrit-il dans son journal le 5 juin 1994. Il y est resté pendant vingt-quatre ans et est même devenu citoyen norvégien en 2008. Le phare devient un lieu touristique qui connaît beaucoup de succès. Mais en 2018, Thomas Bickhardt, fatigué par la charge matérielle, abandonne et déménage non loin de là, dans une ancienne grange qu’il retape et dont il fait une galerie de photos et un espace de séminaire.

Mais aujourd’hui il veut retourner en Allemagne et laisser derrière lui tout ce qu’il a construit ces dernières années. “L’essentiel est de ne plus être seul”, résume Der Spiegel. En effet, Thomas Bickhardt est entouré, il connaît beaucoup de gens, qui l’ont bien souvent aidé et guidé. Mais aucun n’est vraiment un ami. Pour Thomas Bickhardt, cela est sans doute attribuable à la culture norvégienne, qui incite à une extrême pudeur des sentiments et à un certain repli.

“C’est le désir de contact humain qui le pousse à quitter son pays de rêve pour l’Allemagne.”

Pour autant, Thomas Bickhardt ne voit pas son retour comme une fuite et veut maintenant transmettre toutes les connaissances qu’il a acquises pendant près de trente ans en Norvège. Seul obstacle : la bureaucratie. En effet, en devenant norvégien, Thomas Bickhardt a dû abandonner la nationalité allemande (ce n’est plus le cas depuis 2020) et doit donc maintenant se faire renaturaliser. Certes, les balades en mer à l’improviste lui manqueront. Mais, “à un moment donné, même le plus beau paysage devient comme un papier peint”. Et rien ne peut remplacer les contacts humains.

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