Après Sainte-Soline, un nouveau projet de bassines encore plus grand validé dans la Vienne

French gendarmes stand guard on a secured site as they prepare for the arrival of activists who are expected to stage a protest against the
PASCAL LACHENAUD / AFP French gendarmes stand guard on a secured site as they prepare for the arrival of activists who are expected to stage a protest against the "basins" near the construction site of a new water reserve for agricultural irrigation in Sainte-Soline, central western France on November 2, 2022. - The Sainte-Soline reserve is the second of 16 replacement reserves, at the heart of a project drawn up by a group of 400 farmers united in the Coop de l'eau, to "reduce summer withdrawals by 70%", in this region which is still experiencing irrigation restrictions after an extraordinary summer drought. Opponents denounce "megabasins" reserved for large cereal farms geared towards export and defend the implementation of other measures to better share and preserve water - agroecology, change of crops, return to grasslands, etc. (Photo by pascal lachenaud / AFP)

ENVIRONNEMENT - Un nouveau protocole de gestion de l’eau, prévoyant la construction de 30 réserves dédiées à l’irrigation agricole a été validé ce jeudi 3 novembre dans la Vienne, quelques jours après une manifestation contre un projet similaire dans les Deux-Sèvres.

Ce protocole, deuxième du genre dans la région Nouvelle-Aquitaine, prévoit notamment la construction de 30 retenues dans le bassin du Clain, destinées à « prélever et stocker l’eau l’hiver » pour la restituer aux agriculteurs à des fins d’irrigation en période estivale.

En contrepartie, les bénéficiaires s’engagent à réduire de 40 % leurs prélèvements en eau durant l’été, de 50 % leur usage de pesticides, ainsi qu’à restaurer 22 km de cours d’eau et 100 km de haies dans la zone, selon la préfecture.

Ce protocole « garantit l’avenir de notre agriculture » car « il s’appuie sur trois piliers : l’évolution des pratiques, la préservation des milieux aquatiques et enfin la sécurisation de ces pratiques par le stockage de l’eau », a déclaré le préfet de la Vienne, Jean-Marie Girier, lors d’une conférence de presse.

Une quinzaine de communes et intercommunalités de la zone concernées

Ce contrat territorial a été signé par la préfecture, le département, les syndicats agricoles FNSEA et Jeunes agriculteurs, la Chambre d’agriculture régionale, le syndicat des Eaux de la Vienne et une quinzaine de communes et intercommunalités de la zone.

L’agglomération du Grand Poitiers, à majorité gauche-écologistes, la Chambre d’agriculture départementale, dirigée par la Coordination rurale, et la fédération de pêche locale n’ont en revanche pas signé l’accord.

Celui-ci intervient alors que les opposants à la « bassine » - surnom donné à ces retenues - de Sainte-Soline, dans le département voisin des Deux-Sèvres, ont réclamé au gouvernement un moratoire sur ces projets de stockage d’eau à usage agricole, après une manifestation de plusieurs milliers de personnes ce week-end, et des heurts avec les forces de l’ordre.

« La signature de ce soir se fait avec l’accord du ministre de l’Agriculture, de la ministre de la Biodiversité et l’accord de Matignon », a souligné le préfet.

Les partisans de ces réserves en font une condition de survie pour l’agriculture face aux sécheresses à répétition et sont engagés à se tourner vers des pratiques agro-écologiques. Ses détracteurs y voient à l’inverse un « accaparement de l’eau » et une « fuite en avant » du modèle agricole productiviste, doublé d’une aberration écologique à l’heure du changement climatique.

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