Après le remaniement, l'opposition critique un gouvernement entre le "Titanic" et la "fin de règne"

"Chaises musicales, fin de règne", l'opposition critique le nouveau gouvernement (Photo: via Associated Press)

POLITIQUE - Les marcheurs en force, des alliés promus, Damien Abad exfiltré, quelques petits nouveaux: le gouvernement a enfin été remanié ce lundi 4 juillet au matin, deux semaines après les législatives, avec l’objectif de lancer un quinquennat plein d’embûches.

Cette nouvelle équipe, sans grande surprise, reflète un subtil dosage des représentants des différentes forces politiques qui composent le camp macroniste. De quoi contenter les partenaires du chef de l’État, Edouard Philippe pour Horizons et François Bayrou pour le MoDem... au risque de rater l’occasion d’élargir une base désormais fragile.

Dans ce contexte, l’opposition n’est pas tendre avec l’exécutif. À droite comme à gauche, on dénonce un “jeu de chaises musicales” dans une ambiance “fin de règne”, par un pouvoir qui n’a pas encore accepté son échec aux derniers scrutins.

Pour Le Pen, Macron “ignore le verdict des urnes”

Au Rassemblement national, la députée et ex-candidate à la présidentielle Marine Le Pen déplore sur Twitter que “ceux qui ont échoué sont tous reconduits” et le fait qu’Emmanuel Macron “ignore ainsi une nouvelle fois le verdict des urnes et la volonté des Français d’une autre politique”. Un des porte-parole du parti, Julien Odoul, dénonce “une petite et médiocre opération de recyclage et de recasage”.

Son collègue, et également porte-parole du RN, Laurent Jacobelli cible particulièrement Gérald Darmanin, reconduit à l’Intérieur avec un portefeuille désormais élargi à l’Outre-Mer. “Après le fiasco du Stade de France, les mensonges à répétition, l’incapacité à gérer la submersion migratoire et l’ensauvagement, Gérald Darmanin est.... promu!?! La Macronie se fiche du résultat des élections et des Français”, accuse-t-il, toujours sur les réseaux sociaux.

Chez les Républicains, discrets avant l’annonce elle-même, le député Pierre-Henri Dumont juge que cette nouvelle équipe s’inscrit davantage dans “une fin de règne” que dans “un début de quinquennat”. Dans ce même esprit, son collègue des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti estime que le gouvernement “ressemble plus à l’armée mexicaine qu’à un commando pour combattre la triple crise économique, sécuritaire et identitaire qui frappe notre pays.”

Du côté de la NUPES, on ironise sur “la galère de recrutement” en Macronie, c’est-à-dire le “signe d’un pouvoir en voie de décomposition”, selon les mots de la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale Mathilde Panot.

“Le dernier carré des macrono-macronistes”

Avant même l’annonce officielle du nouveau casting gouvernemental, de nombreux cadres insoumis ont décoché des flèches acérées sur les réseaux sociaux, comparant l’exécutif à un “Titanic” dans lequel “peu de volontaires” ont voulu embarquer, selon l’expression du député Manuel Bompard.

Sa collègue de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain voit dans le remaniement le reflet d’une “macronie au point mort”. “Rien de nouveau sous le ciel gris du gouvernement (...) Un petit jeu de chaises musicales, de rares nouveaux profils évidemment acquis aux vieilles recettes neolibérales”, a-t-elle tweeté, attribuant par ailleurs l’éviction de Damien Abad, visé par une enquête pour tentative de viols, à la “pression féministe”.

Au sein des autres formations de la Nupes, le ton est un peu plus mesuré. Côté EELV, Sandrine Rousseau s’étonne de “n’avoir jamais croisé (...) sur la moindre lutte écologiste” le nouveau ministre de la Transition écologique Christophe Béchu.

Le porte-parole du PCF Ian Brossat critique de son côté un “nouveau jeu de chaises musicales”, une expression très en vogue par temps de remaniement, quand son collègue le patron des députés socialistes Boris Vallaud estime, sur BFMTV, que le nouveau gouvernement, “centré sur lui-même”, représente “le dernier carré des macrono-macronistes.”

À voir également sur le HuffPost: Quand Christophe Béchu, nouveau ministre de la Transition écologique s’opposait au mariage pour tous

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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