Après le refus de la candidature à l'UE, les Géorgiens ont le sentiment de rater le train de l'histoire

REUTERS - IRAKLI GEDENIDZE

Des organisations de la société civile géorgienne appellent à un nouveau rassemblement pour le rapprochement avec l’Europe ce dimanche 3 juillet. Elles dénoncent ce qu’elles considèrent comme la politique délibérée du gouvernement d’empêcher le pays d’obtenir le statut de candidat à l’adhésion à l’UE. Le 23 juin, le Conseil européen a octroyé à l’Ukraine et à la Moldavie le statut de candidates, soumettant en revanche la Géorgie à diverses conditions avant de réétudier son dossier.

Avec notre envoyé spécial à Batoumi, Régis Genté

Les trois quarts des Géorgiens soutiennent la voie européenne dans laquelle le pays s’est engagé depuis les années 1990. Alors le sentiment qui domine est celui de manquer le train de l’histoire. Depuis deux siècles, la république caucasienne se sent appartenir à la famille européenne. Depuis deux décennies, elle travaille ardemment à s’en rapprocher. Alors, lorsque les instances européennes ont décidé le 23 juin dernier de ne pas octroyer à la Géorgie le statut de pays candidat à l’UE, le coup a été rude pour Ekaterina, une institutrice de 40 ans venue passer ses vacances à Batoumi, sur les bords de la mer Noire. « On avait un très grand espoir de faire ce pas vers l’Europe. Cela représente un énorme potentiel pour nous. Notre jeunesse veut faire partie de l’Europe. Mais voilà, il va falloir attendre encore », regrette-t-elle.

Travail de sape du gouvernement

L’amertume est grande parmi les 3,7 millions de Géorgiens, le gouvernement, contrôlé par l’oligarque Bidzina Ivanichvili donnant l’impression d’avoir tout fait pour saper les chances du pays d’obtenir le statut de candidat à l’UE, comme l'exprime Tengo, un jeune employé d’hôtel. « Cet échec, c’est la faute du gouvernement, estime-t-il. Quand je regarde notre vie politique, je comprends qu’il fait toutes les erreurs possibles. Il y a plein de raisons à cet échec, mais je suis sûr que le pouvoir est soutenu par la Russie. »

Le malaise est d’autant plus grand en Géorgie qu’il y a un an encore, elle faisait figure de pays ayant fait le plus d’efforts pour intégrer l’UE, parmi les six du Partenariat oriental, la politique de voisinage de Bruxelles dans l’ancien espace soviétique.

►À lire aussi : Le pouvoir géorgien multiplie les signes d'une orientation pro-russe

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles