Après la réception de Mohammed ben Salmane par Macron, la majorité tente de rassurer

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BENOIT TESSIER / REUTERS

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Emmanuel Macron et le prince héritier d’Arabie Saoudite Mohammed Ben Salmane photographiés en amont de leur dîner à l’Élysée jeudi 28 juillet. REUTERS/Benoit Tessier

POLITIQUE - Attention, sujet sensible. Après la réception – polémique - du prince saoudien Mohammed ben Salmane par Emmanuel Macron à l’Élysée, la majorité tente de contrer l’avalanche de critiques provoquées par « dîner de travail », organisé ce jeudi 28 juillet sur fond de crise énergétique découlant de la guerre en Ukraine.

Dès jeudi soir, la Première ministre Élisabeth Borne assurait que le chef de l’État n’esquiverait pas la question des droits de l’Homme, alors que « MBS » a été marginalisé de la scène internationale après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans des conditions particulièrement atroces. « Il ne s’agit pas de remettre en cause notre engagement en faveur des droits de l’Homme. Le président de la République aura certainement l’occasion d’en parler avec Mohammed Ben Salmane », affirmait la cheffe du gouvernement, jugeant toutefois « normal » que Paris discute avec « les pays producteurs d’énergie » dans le contexte actuel.

Ce vendredi 29 juillet ,sur Europe 1, c’est le minisitre de la Fonction publique, Stanislas Guérini, qui est monté au créneau. « L’Arabie saoudite fait partie du G20. Il y a un bon nombre de crises et de dossiers sur lesquels nous devons parler avec tout le monde. Ce qui serait problématique serait de ne pas parler aujourd’hui à tous les acteurs du Moyen-Orient et on ne peut pas reprocher au président de la République de ne pas dire toujours les vérités », a justifié le délégué général d’En Marche, qui assure que le chef de l’État a abordé la question qui fâche.

« Parler, ce n’est pas se coucher, c’est assumer que dans le monde, il y a des interlocuteurs qui ne portent pas tous les mêmes valeurs démocratiques que la France et qu’il faut faire avancer les choses. Les sujets démocratiques ont été abordés », a-t-il poursuivi.

Avant les agapes, la cheffe de file des députés Renaissance (ex-LREM) Aurore Bergé avait également défendu le dîner. « Je crois qu’il est important que le président de la République française puisse recevoir un certain nombre de ceux qui sont de facto ses interlocuteurs (...) d’autant plus dans le contexte que l’on connaît, lié à la crise ukrainienne et aux enjeux énergétiques majeurs que nous avons », avait-elle plaidé sur Franceinfo. « Discuter avec l’ensemble des pays du Golfe me paraît une nécessité absolue, ça ne veut pas dire que vous oubliez les sujets (...) qui sont essentiels en termes de valeurs et de droits de l’Homme. »

En amont de la rencontre, l’Élysée avait fait savoir qu’Emmanuel Macron aborderait la question des droits de l’Homme « de façon générale » et qu’il en « profitera[it] pour parler des cas individuels ». Si la galaxie macroniste assume de recevoir Mohammed ben Salmane sous les ors de la République, il est toutefois intéressant de constater que le site de l’Élysée ne fait aucune mention (hors agenda) de cette visite, la dernière mention au prince héritier remontant au 4 décembre 2021, lors de la visite du chef de l’État en Arabie saoudite.

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