Après ses propos racistes, Grégoire de Fournas écope de la plus lourde sanction prévue par le règlement

Le député RN est privé de la moitié de son indemnité parlementaire pendant deux mois. Il ne pourra pas non revenir à l'Assemblée nationale pendant les quinze prochains jours de séance. Ces sanctions, rarissimes, n'avaient été prononcées qu'à une seule reprise en 2011.

Le couperet de la sanction du bureau de l'Assemblée nationale vient de tomber. Le député RN Grégoire de Fournas se voit priver ce vendredi de la moitié de son indemnité parlementaire pendant deux mois - soit une amputation de 3746 euros par mois sur un total de 7493 euros. L'élu de Gironde ne pourra pas non plus revenir au Palais-Bourbon pendant les quinze prochains jours de séance.

Le parlementaire écope de la sanction maximale prévue par le règlement de l'institution, après avoir lancé dans l'hémicycle "qu'il retourne en Afrique" lors d'une question au gouvernement de l'insoumis Carlos Martens Bilongo.

Le député, noir, interpellait l'exécutif sur "le drame de l'immigration clandestine", en évoquant le sort de 234 migrants actuellement sur un bateau de SOS Méditerranée qui cherche un port pour accoster.

Une sanction rarissime

Face au tollé suscité par cette sortie, Grégoire de Fournas, assure de son côté que ses propos ont été déformés, et explique avoir visé le "bateau" de migrants. Sans adresser d'excuses à son collègue, il s'est dit "navré de l'incompréhension" suscitée par ses propos dans un courriel.

La peine qui vient d'être prononcé par le bureau de l'Assemblée nationale, qui se compose notamment de Yaël Braun-Pivet, la présidente du Palais-Bourbon et des vice-présidents - dont deux élus RN, Sébastien Chenu et Hélène Laporte - se veut exemplaire. Soumise à l'approbation de l'hémicycle, elle a été soutenue par une majorité de députés.

Ces sanctions maximales n'avaient jusqu'ici été appliquées qu'une seule fois en mars 2011 à l'encontre de Maxime Gremetz. Le député communiste avait insulté et menacé pendant 15 minutes des députés pendant une réunion sur la crise nucléaire au Japon, après avoir pénétré dans la salle pour se plaindre que plusieurs véhicules en stationnement de ministres et des dirigeants de la filière nucléaire bloquaient sa voiture.

Mélenchon plaidait pour "la peine maximale"

Plusieurs voix s'étaient élevées ces dernières heures pour demander la sévérité à son encontre.

"Je plaide pour la peine maximale", avait lancé Jean-Luc Mélenchon en début d'après-midi à l'occasion d'un rassemblement en soutien à Carlos Martens Bilongo devant l'Assemblée nationale.

Le ministre de l'Intérieur a avancé ce vendredi matin sur BFMTV que "la question" de "la démission" du député RN se "posait". Grégoire de Fournas a de son côté fermé la porte à cette hypothèse.

"Je reste député", a-t-il avancé sur notre antenne, quelques heures avant l'annonce des sanctions, dénonçant une "justice politique". Maxime Gremetz avait de son côté démissionné deux mois plus tard, jugeant ne plus pouvoir remplir son mandat dans "des conditions satisfaisantes".

Article original publié sur BFMTV.com

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