Après les propos racistes d'un député RN, Jordan Bardella dénonce "un procès révoltant, injuste"

Jordan Bardella, eurodéputé et président par intérim du RN, à  Châlons-en-Champagne, le 10 septembre 2022 - FRANCOIS NASCIMBENI © 2019 AFP
Jordan Bardella, eurodéputé et président par intérim du RN, à Châlons-en-Champagne, le 10 septembre 2022 - FRANCOIS NASCIMBENI © 2019 AFP

Tenter de retourner la polémique au profit de son parti. Jordan Bardella est revenu à la tribune ce samedi après-midi lors de son discours d'intronisation à la tête du Rassemblement national sur les propos racistes d'un député RN à l'Assemblée nationale.

"Derrière le procès révoltant, injuste fait à notre député, ils veulent en réalité interdire toute remise en cause de la politique d'immigration menée dans notre pays depuis des décennies", a lancé le nouveau patron du mouvement, en visant "la Nupes" et "En Marche".

"Une véritable chasse à l'homme"

Grégoire de Fournas, un élu de la Gironde a écopé ce vendredi de la sanction maximale prévue par le règlement du Palais-Bourbon, après avoir lancé jeudi dans l'hémicycle "qu'il retourne en Afrique", lors d'une question au gouvernement de l'insoumis Carlos Martens Bilongo.

Le député, noir, interpellait l'exécutif sur "le drame de l'immigration clandestine", en évoquant le sort de 234 migrants actuellement sur un bateau de SOS Méditerranée qui cherche un port pour accoster.

"À l'Assemblée nationale, les professionnels de l'indignation collective ont manipulé un propos incompris d'un député RN qui évoquait le retour logique des bateaux de clandestins dans les ports d'origine. Ils se sont livrés à une véritable chasse à l'homme contre un député de la République", a encore avancé Jordan Bardella pendant son premier discours de président du RN.

Sanctions rarissimes

Face au tollé suscité par cette sortie, Grégoire de Fournas, a assuré de son côté que ses propos ont été déformés et explique avoir visé le "bateau" de migrants. Sans adresser d'excuses à son collègue, il s'est dit "navré de l'incompréhension" suscitée par ses propos dans un courriel.

Le député RN se voit priver ce vendredi de la moitié de son indemnité parlementaire pendant deux mois - soit une amputation de 3746 euros par mois sur un total de 7493 euros. Le parlementaire ne pourra pas non plus revenir au Palais-Bourbon pendant les quinze prochains jours de séance.

C'est la deuxième fois depuis 1958 que l'institution prononce cette peine, la plus sévère prévue par son règlement.

Article original publié sur BFMTV.com