Après le prix unique du livre, un prix plancher pour la livraison

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(photo d'illustration). (Photo: Capelle.r via Getty Images)
(photo d'illustration). (Photo: Capelle.r via Getty Images)

LIVRES - Les petites librairies n’ont pas fini de se battre. 40 ans après la loi Lang, qui impose le prix unique du livre, l’Assemblée Nationale a adopté ce mercredi 6 octobre dans la soirée la proposition de loi visant à “améliorer l’économie du livre et à renforcer l’équité entre ses acteurs”. Cette nouvelle loi, adoptée en première lecture au Sénat en juin, devrait permettre d’instaurer un tarif plancher de livraison pour la vente de livres en ligne.

En 1981, le prix unique devait permettre de lutter contre le dumping des rayons Culture des hypermarchés Leclerc. La logique est la même en 2021: l’objectif est de protéger les petites librairies de la concurrence déloyale des géants, comme Amazon et la Fnac qui livrent leurs livres presque gratuitement. En 2014 l’Assemblée nationale avait déjà imposé la facturation obligatoire de la livraison de livres. Amazon s’était alors contenté de facturer 1 centime sa livraison. Or pour un libraire, les frais de ports sont d’environ 6,50 euros.

Reste à fixer le prix

De novembre à décembre 2020, le gouvernement avait apporté son aide aux libraires, éprouvés par la crise de la Covid, en prenant en charge les frais de port de leur livraison. Cette décision avait soulagé le secteur, qui avait multiplié par cinq les ventes en ligne de livres. Mais cette mesure n’a duré qu’un temps, le droit européen interdisant les aides d’État, à savoir les aides publiques qui se pérennisent dans le temps.

Afin de résoudre ce déséquilibre à la racine, la sénatrice Laure Darcos (LR), a donc proposé l’instauration d’un prix plancher de livraison du livre. La loi a été adoptée mercredi 6 octobre par les députés et doit maintenant passer en commission mixte paritaire.

Le prix de la livraison sera ensuite fixé par les ministères de l’Économie et de la Culture ainsi que par l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (ARCEP). Mais tous ne sont pas d’accord sur le montant. Comme le rapporte Le Monde, Guillaume Husson, délégué général du Syndicat de la librairie française (SLF), préconise un prix élevé, entre 3 et 5 euros, tandis que Jean-Luc Treutenaere, président du Syndicat des distributeurs de loisirs culturels (SDLC), milite pour 2,90 euros, comme pour les livres d’occasion. La Fnac et les grandes enseignes se prononcent, elles, pour une fourchette comprise entre 2 et 3 euros.

Une mesure “anti-pouvoir d’achat” pour Amazon

Les réactions des grandes plateformes de vente en ligne ne se sont pas fait attendre. Frédéric Duval, directeur général d’Amazon France, a déclaré sur RTL que cette proposition de loi “ne vise pas Amazon mais les Français”. Il considère que la loi adoptée par l’Assemblée nationale va accentuer l’inégalité entre les habitants de l’hexagone, car cela “coûtera environ 250 millions d’euros aux Français soit une atteinte significative à leur pouvoir d’achat”.

La députée socialiste de l’Ardèche, Michèle Victory, souligne également que même si le prix de la livraison est fixé pour le livre, cela n’empêchera pas les grandes plateformes de contourner la loi. Elle pointe le risque de contourner le texte avec des “paniers mixtes” dans lesquels le consommateur commanderait beaucoup de choses dont des livres.

Outre le prix de la livraison, reste la question de sa vitesse. Or les géants comme Amazon et la Fnac restent encore avantagés puisqu’ils disposent de moyens suffisant pour réaliser leurs livraisons en vingt-quatre heures.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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