Après la Première Guerre mondiale, les Kurdes déjà oubliés

Feertchak, Alexis
Donald Trump a évoqué la Normandie en parlant des Kurdes. / JONATHAN ERNST/REUTERS

FOCUS - Donald Trump a reproché aux Kurdes de ne pas «les avoir aidés en Normandie». Il aurait pu évoquer la promesse des vainqueurs de 1918 en faveur d’un Kurdistan indépendant.

C’est l’une de ces phrases typiquement trumpiennes que le président américain a prononcée mercredi à la Maison-Blanche en conférence de presse: «Les Kurdes ne nous ont pas aidés en Normandie», faisant ainsi référence à la Seconde Guerre mondiale. Que dire d’une telle phrase prononcée à propos de combattants qui, depuis 2014, ont payé en Syrie le prix fort en luttant contre l’État islamique?

» LIRE AUSSI - Comment les Kurdes ont été trahis par les États-Unis

À voir aussi - Donald Trump: les Kurdes «ne nous ont pas aidés en Normandie»


Donald Trump aurait pu d’abord préciser que les Kurdes faisaient notamment partie, mais pour beaucoup à leur corps défendant, de la Turquie durant la Seconde Guerre mondiale, pays signataire en 1941 d’un pacte d’amitié avec l’Allemagne nazie.

Surtout, les Kurdes, peuple sans Etats répartis dans plusieurs pays, sont présents certes en Turquie, mais aussi en Iran, en Irak et en Syrie. «Les Kurdes se sont battus du côté des Alliés durant la Seconde Guerre mondiale. Ils ont aidé à empêcher le coup d’Etat pro-nazi de 1941 en Irak et ont fait partie des Lévies irakiennes. En 1942, les Kurdes représentaient 25% de cette force. En 1943, 10 des 44 compagnies étaient kurdes», a expliqué sur Twitter l’historien Akil Awan, de l’Université Royal Holloway de Londres. Les «lévies» étaient une force militaire irakienne créée par les Britanniques en 1921. Après la Première Guerre mondiale, le Royaume-Uni était la puissance mandataire en Irak. En 1932, le Royaume d’Irak est devenu indépendant, mais avec le maintien d’une tutelle britannique. En 1941, le premier ministre irakien, Rachid Ali al Gaylani, aidé par quatre généraux pro-nazis (le carré d’or) organisèrent un coup d’Etat, qui aboutit à un court conflit de deux mois - la guerre anglo-irakienne - remporté par les (...) Lire la suite sur Figaro.fr

Mustafa Kemal Atatürk proclamait la République turque il y a 95 ans 
Il y a vingt ans, les députés français votaient la reconnaissance du génocide arménien 
Bataille d'Afrin: «Silence, on ne massacre que des Kurdes...» 
Ankara passe à l’attaque au nord de la Syrie 
Inscrivez-vous à la newsletter du Figaro