Après "OSS 117", Nicolas Bedos sort "Mascarade", un thriller machiavélique

Pierre Niney et Isabelle Adjani dans
Pierre Niney et Isabelle Adjani dans

Après le succès de Monsieur et Madame Adelman (2017), La Belle Époque (2019) et OSS 117: Alerte rouge en Afrique noire (2021), Nicolas Bedos est de retour au cinéma ce mardi 1er novembre avec Mascarade, un thriller machiavélique doublé d'une comédie féroce sur la vanité de l'argent. Avec à l'affiche un casting quatre étoiles composé de Pierre Niney, Marine Vacth, Isabelle Adjani et François Cluzet.

Le film se déroule de nos jours sur une Côte d'Azur en proie à des promoteurs immobiliers qui cherchent avant tout le profit, quitte à la défigurer. Adrien, un gigolo (Pierre Niney), fréquente Martha, une comédienne hasbeen (Isabelle Adjani). Lorsqu'il croise la route de Margot (Marine Vacth), il décide de monter une arnaque pour devenir riche.

Présenté depuis plusieurs semaines en avant-premières, Mascarade fait salle comble, malgré un contexte de désamour du public pour le cinéma. "Ce qui nous réjouit, c'est de voir que les avant-premières affichent toutes complet et qu'il y a semble-t-il une réelle appétence pour ce film et le type de cinéma qu'il défend", s'enthousiasme Nicolas Bedos, joint par mail.

"Provoquer le maximum de sentiments possibles"

Avec Mascarade, le réalisateur veut "provoquer d'abord chez moi, puis chez les spectateurs, le maximum de sentiments possibles, à commencer par le désir d'aimer, de se faire peur, de danser, de se réinventer, le désir de tout faire pour se comprendre également", énumère-t-il.

"C'est une période à la fois très excitante, mais forcément anxieuse, car je suis conscient du privilège d'avoir bénéficié de moyens importants pour faire un film très ambitieux dans le paysage cinématographique français", poursuit le réalisateur, dont le film a coûté 15 millions d'euros.

Comme La Belle Époque, Mascarade est inspiré d'un roman que Nicolas Bedos n'a jamais réussi à terminer: "J'avais écrit plus de 150 pages et développé plusieurs intrigues, mais je me noyais dans les détails. Grâce à ça, j’ai commencé le scénario en connaissant précisément le passé et la psychologie de chaque personnage."

"Du rythme et de l’émotion"

Comme ses précédents essais, Mascarade est un récit ample et dense, dans la lignée du cinéma populaire de Philippe de Broca (L'Homme de Rio), et de Jean-Paul Rappeneau (Cyrano de Bergerac) - qui a un peu disparu des salles obscures ces dernières années, déplore le réalisateur:

"Quand j’ai eu la possibilité assez tardive de réaliser un film, le cinéma français était déjà très riche en cinéastes talentueux travaillant la chronique sociale, la représentation du réel. J’étais, en tant que spectateur, un peu orphelin d'un cinéma romanesque français comme il existe des films d’auteur incroyablement romanesques dans les pays asiatiques ou anglo-saxons."

"Un peu comme en littérature, ce n'est pas un type de narration très à la mode en France", ajoute Nicolas Bedos. "Peut-être est-ce l'héritage de la Nouvelle Vague dont je n'ai jamais été un grand fan. J’essaie tout simplement de réaliser les films que j’aimerais voir après une semaine difficile."

Son cinéma ne fait pas toujours l'unanimité. Présenté à Cannes en mai dernier, Mascarade n'a pas séduit la Croisette. Nicolas Bedos a depuis réduit d'une quinzaine de minutes son film. "Il nous a manqué quelques semaines pour être totalement prêts à Cannes", concède-t-il. "Le film était trop long et un peu confus au début." Il est désormais entièrement satisfait de sa nouvelle version à laquelle il a apporté "du rythme et de l’émotion".

"Faire vivre à un adolescent l'élan charnel"

Film féroce sur l'amour et l'argent, Mascarade fait penser à des films comme La Dame de Shanghai (1948) d'Orson Welles ou Les Félins (1964) avec Alain Delon. Des films où de mystérieuses femmes fatales embarquent des hommes un peu naïfs dans de machiavéliques projets. Des films à l'origine de son goût pour le cinéma: "C'est pour leur rendre hommage que j’ai eu envie de tourner Mascarade."

Nicolas Bedos a écrit Mascarade pour Marine Vacth, l'actrice révélée par Jeune et Jolie de François Ozon :"L'un de mes buts était de faire vivre à un adolescent d'aujourd'hui l'élan charnel et douloureusement amoureux qu'ont provoqué certaines actrices [...] dans le cœur de l'adolescent que j'étais, à l'âge précis où je découvrais en même temps l'amour du cinéma et celui des femmes", a-t-il écrit dans Elle.

"Les premières femmes que j’ai aimées étaient des personnages de femmes passionnantes et dangereuses dans des films", développe Nicolas Bedos. "Ma passion pour le cinéma est indissociable de ma passion pour les femmes. Marine Vacht, en plus de sa beauté iconique, fait preuve d’un tempérament et d’une sensibilité qui en faisait la Margot idéale. Je pense que beaucoup d’hommes et de femmes vont tomber amoureux d’elle."

Bientôt une série avec Jean Dujardin

En parallèle de la sortie de Mascarade, Nicolas Bedos prépare déjà la suite. Il tourne en ce moment avec Jean Dujardin Alphonse, pour Prime Video. Une série dont le scénario est encore tenu secret, et où Dujardin incarne "un homme-caméléon devant satisfaire les femmes et assouvir leurs moindres désirs", selon le site spécialisé Variety.

"Des amours non-conformistes, du désir chez des femmes de tous âges, de la relation complexe entre un père et son fils et d’un très gros complexe d'œdipe! Vaste programme, docteur!", nous révèle-t-il. La diffusion est prévue courant 2023.

Nicolas Bedos n'a pas prévu de délaisser le cinéma, mais pour le moment, il préfère prendre du recul: "J'ai tourné 5 films en 5 ans [en réalité 4 films et une série, NDLR], il est temps que je fasse une pause d’écriture, ne serait-ce que pour me nourrir de nouvelles rencontres artistiques et de nouvelles perspectives."

Article original publié sur BFMTV.com