Après des mois de vives tensions, la mairie de Callac abandonne son projet d'accueil de réfugiés

Face à la contestation d'une partie des habitants, la municipalité de Callac renonce à un projet d'accueil de réfugiés  - BFMTV
Face à la contestation d'une partie des habitants, la municipalité de Callac renonce à un projet d'accueil de réfugiés - BFMTV

C'est un projet qui ne verra finalement pas le jour. À Callac, dans les Côtes-d'Armor, la municipalité de ce village de 2200 habitants, en collaboration avec le Fonds de dotation Merci, avait décidé en avril dernier de mettre en place une structure d'accueil pour des familles réfugiées.

Dès cette annonce, une importante mobilisation contre le projet avait vu le jour. Après deux manifestations sous tension, accompagnées de récupérations politiques nationales, et plusieurs mois d'une ambiance pesante dans le village, la mairie a choisi de renoncer.

Revitaliser la commune

Dans l'équipe municipale, "c'était tendu à un niveau inimaginable, c'était au bord de la rupture. Personnellement, j'étais pour le projet mais ce n'était plus tenable", explique ce mercredi à l'AFP le maire (DVG) Jean-Yves Rolland.

"C'est dommage qu'on en arrive là (...). C'était un projet humain d'une très grande valeur, sans doute très important pour Callac dans l'avenir", déplore l'édile.

Le projet, nommé "Horizon", devait notamment revitaliser le village, qui a perdu plus de 1000 habitants depuis les années 1960. "L'idée était de créer quelque chose de gagnant-gagnant, les réfugiés obtenaient un logement et un travail et répondaient ensuite aux besoins du village: boulangerie, crèche, personnel en Ehpad...", explique à BFMTV Benoît Cohen, cofondateur du Fonds de dotation Merci.

De vives tensions

La contestation a été telle que la mairie a du faire machine arrière. Dès l'annonce du projet, une pétition a été lancée et des élus ont été soumis à de multiples pressions, y compris des menaces de mort ou des atteintes à leur vie privée.

Deux manifestations ont été organisées en opposition, les habitants recevant notamment le soutien de plusieurs politiques d'extrême droite à l'instar de Gilbert Collard ou d'Éric Zemmour. Ce dernier s'est d'ailleurs félicité dans un tweet ce mercredi de la décision contre "ce funeste projet de répartition des migrants à Callac".

Face à chacun de ces rassemblements, des contre-manifestations ont été organisées en soutien au projet Horizon et en opposition plus large à l'extrême droite. Des affrontements ont eu lieu et les forces de l'ordre avaient du intervenir pour maintenir les deux camps à distance.

"La population est plutôt âgée. Même s'ils n'étaient pas forcément contre le projet, des habitants ont pris peur" face à ces événements, analyse le maire. "Malgré cela, Callac est, et restera, une terre d'accueil pour toutes nouvelles populations, réfugiées ou pas", assure-t-il.

Article original publié sur BFMTV.com