Après Lubrizol, les députés veulent sanctionner plus "lourdement" les industriels

AFP
Devant l'usine Lubrizol de Rouen, le 24 octobre 2019.

LUBRIZOL - Augmenter les sanctions contre les pollueurs, organiser des exercices d’évacuation de la population, augmenter les effectifs des inspecteurs d’usines: des députés ont publié ce mercredi 12 février leurs propositions pour éviter les accidents industriels, après l’incendie de Lubrizol à Rouen.

“Les industriels doivent être sanctionnés lourdement lorsque les manquements sont graves et mettent en danger les populations environnantes”, estime le député PS de la Seine-maritime Christophe Bouillon dans un avant-propos au rapport de la mission parlementaire sur l’incendie Lubrizol publié mercredi.

“Il faut faire évoluer le plafond des sanctions de 15.000 euros d’amendes maximum aujourd’hui à 100.000”, précise l’élu qui présidait la mission et a livré ses 18 propositions dans une tribune publiée sur Le HuffPost.

Pour le député, il est “primordial” de “créer des nouveaux postes d’inspecteurs de sites classés”. Le chiffre de 200 ETP supplémentaires avancé par le député LFI Éric Coquerel dans le rapport semble “tout à fait sérieux”, estime le député PS interrogé par l’AFP.

Pour lui sans cela, la promesse mardi du gouvernement, dans le cadre d’un plan d’action sur les risques industriels, d’augmenter de 50% les contrôles d’ici à 2022, va rester un “vœux pieux”.

“Absence total de contrôle”

Pour Damien Adam en revanche, les inspecteurs “n’ont pas besoin de ces postes en plus”. 

Dans son rapport, le député LREM propose lui de créer des “contrôles aléatoires” sur les sites classés les moins dangereux, qui ne font aujourd’hui l’objet de contrôles qu’en cas de problème. Il ne s’agirait “pas de contrôler” les 459.000 sites concernés mais d’en “cibler (...) des centaines peut-être chaque année”, a-t-il précisé à l’AFP.