Après l'enquête visant Bouhafs, les cadres de la NUPES en communication de crise

Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière à l'Assemblée nationale, le 11 mai 2021. (Photo: MARTIN BUREAU via AFP)
Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière à l'Assemblée nationale, le 11 mai 2021. (Photo: MARTIN BUREAU via AFP)

Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière à l'Assemblée nationale, le 11 mai 2021. (Photo: MARTIN BUREAU via AFP)

POLITIQUE - Équation complexe. La France insoumise a annoncé ce mercredi 11 mai avoir ouvert une enquête interne après des accusations de violences sexuelles à l’encontre du journaliste controversé Taha Bouhafs. Le jeune homme de 25 ans avait retiré sa candidature, la veille, aux législatives à Vénissieux en dénonçant des “attaques sans précédent” et des “calomnies” récurrentes.

Des accusations de violences sexuelles qui sèment le trouble au sein de la NUPES, la Nouvelle union populaire, écologiste et sociale. Les têtes d’affiche, de l’écolo Julien Bayou à la communiste Elsa Faucillon en passant par David Cormand ou Clémence Guetté, sont nombreux à réagir. Avec un but: revenir sur leur soutien et mettre à distance le désormais ex-candidat de l’union de la gauche.

Le tout, pour certains, en supprimant leurs anciens messages plutôt laudatifs à l’égard du journaliste, attaqué pendant plusieurs jours pour ses anciens tweets, quand les accusations de violences sexuelles n’étaient pas connues.

Messages supprimés

Julien Bayou, le patron des écolos et candidat de la NUPES à Paris assume, par exemple, avoir fait un brin de ménage sur son compte Twitter. “Je supprime mon tweet d’hier pour éviter toute mauvaise interprétation”, écrit-il ainsi sur les réseaux sociaux, après s’être expliqué en quelques mots: “Hier, j’ai soutenu Taha Bouhafs contre le racisme. Aujourd’hui, je prends connaissance des accusations de violences sexuelles à son encontre. Soutien aux victimes. Nous vous croyons.”

Même chose pour son prédécesseur à la tête d’Europe-Ecologie les Verts, David Cormand. S’il n’a pas supprimé son ancienne publication, l’eurodéputé s’en éloigne et le fait savoir. “Les nouvelles informations rendues publiques, dont j’ignorais tout, rendent le tweet ci-dessous nul et non-avenu”, écrit-il en relayant son message de la veille, lorsqu’il dénonçait le “flot d’attaques indignes” dont Taha Bouhafs était l’objet.

“Soyons fiers que les alertes soient entendues et qu’elles aient des conséquences. Nous le devons à la parole des femmes face à la surdité des hommes”, ajoute-t-il... à l’heure où certains messages de soutien, comme celui d’Antoine Léaument, proche de Jean-Luc Mélenchon et candidat pour ces législatives, ne sont plus visibles sur les réseaux sociaux.

Signe de ce contexte délicat, le patron des Insoumis et prétendant assumé à Matignon n’a guère attendu pour réagir lui-même sur les réseaux sociaux. “J’apprends les accusations contre Taha Bouhafs”, écrit-il ce mercredi. Pour Jean-Luc Mélenchon, “la parole des femmes doit être entendue sérieusement” et il compte, pour cela, “sur la commission ad hoc de LFI pour établir la vérité.”

Ligne de crête

Et le troisième homme de la présidentielle d’ajouter: “Cela n’exempte pas les racistes qui l’ont harcelé.” Un mot d’ordre que l’on retrouve ici et là sur les réseaux sociaux, quelques heures après les révélations de Mediapart et BFMTV, en partie confirmées par le “comité de suivi” interne à LFI.

Car c’est bien là tout l’enjeu qui transparaît de cette salve d’explications: dénoncer les faits présumés de violences sexuelles, clairement, sans pour autant se dédire sur la vague d’attaques, “racistes” disent certains, dont Taha Bouhafs a été victime. “Cette affaire n’enlève en rien à la réalité des violences racistes subies par Taha Bouhafs”, affirme par exemple Caroline De Hass, la militante féministe, dans l’enquête de Mediapart.

Une phrase reprise sur les réseaux sociaux par la candidate de la NUPES à Boulogne-Billancourt, Pauline Rapilly Ferniot. Dans ce même esprit, Elsa Faucillon, députée communiste des Hauts-de-Seine et candidate à sa réélection, n’hésite pas à s’en prendre à ceux qui seraient tentés “d’instrumentaliser les souffrances de ces femmes”.

Clémentine Autain se dit “bouleversée”

“Notre antiracisme reste aussi intact que notre combat contre la domination masculine”, écrit-elle après avoir apporté son soutien à “toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles”. Sur un fil.

Restent, désormais, de nombreuses questions autour de cette affaire aux contours encore flous. Invitée de l’émission ”à l’air libre”, sur le site de Mediapart, Clémentine Autain a confirmé avoir eu connaissance du témoignage en question, samedi, en marge de la convention d’investiture de la NUPES. “Un signalement d’une gravité que nous n’avons jamais rencontré”, explique la députée de Seine-Saint-Denis, candidate à sa réélection, première cadre LFI a en dire un peu plus sur les accusations dont Taha Bouhafs fait l’objet.

“Je ne suis pas formellement dans la cellule (de suivi des violences NDLR) mais il se trouve que ce signalement m’a également été adressé, personnellement”, ajoute celle qui se dit “bouleversée” par “ce qu’on a lu et entendu” de la part de “cette femme et d’autres depuis.”

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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