Après l’explosion en Pologne, jamais la situation n’a “paru si dangereuse”

“Rien n’est certain, rien n’est exclu.” Après l’explosion qui a secoué mardi soir le village polonais de Przewodow, proche de la frontière avec l’Ukraine, Die Zeit s’interroge sur l’importance géopolitique de ce drame qui a fait deux morts dans la commune. “Que savons-nous de manière certaine ? […] Incitons-nous à la panique en prenant cet événement trop au sérieux et en le plaçant en première page ? Ou sommes-nous vraiment à la veille d’un tragique engrenage ?”

Przewodow, en Pologne, frappé le 15 novembre par un missile.. Courrier international
Przewodow, en Pologne, frappé le 15 novembre par un missile.. Courrier international

Selon les autorités polonaises, un missile provenant “probablement de la défense antiaérienne ukrainienne” est à l’origine de l’explosion. Ce qui fait craindre au journal allemand que nous ne vivions “un moment que certains redoutent depuis des mois, depuis le début de l’invasion russe en Ukraine”, c’est-à-dire “ce moment historique où la guerre déborde les frontières de l’Ukraine pour investir le territoire d’un pays de l’Otan et oblige les membres de l’Alliance à faire des choix existentiels”. Une réunion d’urgence des ambassadeurs de l’Alliance atlantique est d’ailleurs prévue ce mercredi.

“Une mise à l’épreuve”

“Il peut s’agir du pire scénario, une attaque délibérée, explique Die Zeit. Ou du plus trivial, un accident.” Mais pour le journal allemand, “jamais une trivialité n’aura paru si dangereuse”. Varsovie a en effet placé son armée en état d’alerte renforcée, et le tir de missile a suscité la condamnation unanime des chefs d’État ou de gouvernement occidentaux, les dirigeants du G7 se réunissant en urgence en Indonésie, en marge du G20. Le ministère de la Défense russe a, quant à lui, démenti avoir frappé la Pologne.

L’effroi provoqué par l’événement montre que la situation est grave, précise le titre hambourgeois. Il considère que, quelles que soient les circonstances ayant mené à l’explosion en Pologne, celle-ci montre “à quel point la paix est fragile” et “combien nous nous approchons de quelque chose que nous voulons éviter à tout prix”. Pour le journal, l’incident polonais est un test. “Une épreuve pour les nerfs de tous les dirigeants politiques et militaires, mais aussi pour les caisses de résonance que sont les médias. Une mise à l’épreuve de notre détermination à ne pas céder aux provocations.” 

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