Après l'attentat de Londres, le gouvernement de Boris Johnson vivement critiqué

Paul Guyonnet
·4 min de lecture
Depuis neuf ans que le parti conservateur de Boris Johnson est au pouvoir, la police britannique a vu ses effectifs être réduits de manière drastique.  (Photo: YUI MOK via Getty Images)
Depuis neuf ans que le parti conservateur de Boris Johnson est au pouvoir, la police britannique a vu ses effectifs être réduits de manière drastique.  (Photo: YUI MOK via Getty Images)

ROYAUME-UNI - Il n’a pas fallu longtemps pour que la politique reprenne le pas sur l’émotion. Vendredi 29 novembre, alors que deux civils venaient de mourir à Londres sur London Bridge à la suite d’une attaque terroriste à l’arme blanche, un débat télévisé se tenait, à deux semaines d’élections législatives cruciales.

Et très rapidement, le gouvernement sortant dirigé par Boris Johnson et ses prédécesseurs conservateurs se sont retrouvés sous le feu des critiques. “C’est un événement extrême. Mais on ne peut pas pour autant oublier qu’au cours des cinq dernières années, nous avons vu une forte augmentation des crimes violents, alors même que depuis 2010, 20.000 postes de policiers ont été supprimés”, a ainsi déclaré Rebecca Long-Bailey, une élue travailliste, lors du débat diffusé sur la BBC.

“Il faut nécessairement réaliser que ces deux faits sont corrélés. Bien sûr, il faut aussi investir plus dans la police de proximité, ce que le Labour a promis de faire (...) et nous devons aussi investir dans des mesures antiterroristes”, a-t-elle ajouté.

Et elle a été suivie par d’autres représentants de partis d’opposition (indépendantistes écossais du SNP, Verts et nationalistes du Plaid Cymru notamment), qui ont tous dénoncé la politique sécuritaire du parti au pouvoir. “Une attaque coordonnée qui mène à penser que cette question pourrait devenir problématique pour Boris Johnson de la même manière qu’elle l’a été pour Theresa May à la suite des attaques de 2017”, analysait le Guardian après le débat.

Boris Johnson a lui même ouvert ce dossier

Le signe aussi, comme en avaient convenu par téléphone les dirigeants des deux principaux partis, Boris Johnson et Jeremy Corbyn, que la campagne en vue des general election devait se poursuivre.

Car à peine l’attaque passée, cette question du bilan sécuritaire de Boris Johnson s’est présentée. Et c’est le Premier ministre britannique en personne qui l’a mise sur la table, évoquant à la fois ses succès et son programme pour le prochain scrutin.

Ainsi, dans une allocution télévisée, “BoJo” ne s’est pas contenté de saluer les victimes et les héros de l’attaque de London Bridge. L’ancien maire de Londres a aussi fait de la politique. “C’est une erreur de laisser des criminels violents sortir trop tôt de prison, et il est très important que nous en finissions avec cette habitude, que nous appliquions des peines appropriées pour les criminels dangereux, et en particulier les terroristes”, a déclaré le favori des sondages.

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Une prise de parole vivement critiquée par ses opposants politiques, et en particulier les travaillistes, mais aussi par la presse. Plusieurs journalistes ont regretté une déclaration “plutôt sujette à controverse”, ”électoraliste”, “servant à trouver des excuses”.

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En effet, alors que Boris Johnson clame haut et fort qu’il a embauché des policiers et qu’il alourdit les sentences des criminels, il s’avère en réalité qu’il ne fait que commencer à compenser des coupes budgétaires et en effectifs que son parti, au pouvoir depuis neuf ans, a décrétées. Et non pas le maire travailliste de Londres Sadiq Khan, comme “BoJo” a un moment tenté de le faire croire.

Un bilan sécuritaire compliqué à défendre

Par ailleurs, le fait que l’auteur de l’attaque, un homme de 28 ans du nom d’Usman Khan, ait été relâché de prison après avoir été condamné pour des faits de terrorisme n’a pas aidé l’argumentaire de Boris Johnson.

Personnalité très importante dès lors que l’on parle de justice et de police au Royaume-Uni, l’ancien magistrat et président de l’association des commissaires de police Nazir Afzal a ainsi dénoncé la réalité tordue par les Tories et Boris Johnson. Sur Twitter, il a notamment rappelé que de très nombreux postes de policiers expérimentés avaient été supprimés, tout comme dans la justice. Et ce pendant que la criminalité grimpait en même temps que le nombre de victimes.

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À moins de deux semaines des élections du 12 décembre, dont l’issue sera décisive dans un pays qui n’a toujours pas soldé son divorce avec l’Union européenne, la campagne de Boris Johnson devait reprendre officiellement ce samedi matin, après une soirée de pause. Mais force est de constater que ce moment de retenue n’a pas vraiment eu lieu, dans quelque camp que ce soit.

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