Après l’agression de policiers à Lyon, Gérald Darmanin met la pression sur la mairie

PARIS, FRANCE- MAY 23: French Interior Minister Gerald Darmanin arrives for the first weekly cabinet meeting held by the new French Prime Minister at The Elysee Presidential Palace in Paris on May 23, 2022. (Photos by Antoine Gyori/ Corbis via Getty images)
Antoine Gyori - Corbis / Corbis via Getty Images PARIS, FRANCE- MAY 23: French Interior Minister Gerald Darmanin arrives for the first weekly cabinet meeting held by the new French Prime Minister at The Elysee Presidential Palace in Paris on May 23, 2022. (Photos by Antoine Gyori/ Corbis via Getty images)

Antoine Gyori - Corbis / Corbis via Getty Images

Gérald Darmanin, ici arrivant à l’Élysée à Paris, le 23 mai 2022.

LYON - Le ton ne redescend pas entre le ministre de l’Intérieur et la mairie de Lyon. « J’ai été maire et je sais qu’en tant que maire, vous disposez de nombreux leviers pour améliorer la situation », a notamment écrit Gérald Darmanin dans un courrier adressé au maire Grégory Doucet (EELV) ce lundi 1er août, à propos de la sécurité dans la troisième ville de France, faisant suite à l’agression de trois policiers en civil le 20 juillet.

« La sécurité à Lyon, et plus particulièrement dans le quartier de la Guillotière, est préoccupante », souligne le ministre, qui en appelle à « l’engagement de chacun, en responsabilité et sans dogmatisme » pour l’améliorer.

Gérald Darmanin estime par ailleurs que les « effectifs de [la] police municipale (...) nécessitent d’être considérablement renforcés ».

Dans son courrier, il tacle aussi le maire lyonnais -qui a boycotté son déplacement samedi dans sa ville- sur le sujet de la vidéoprotection : « Je pense également à l’installation de dispositifs de vidéoprotection qui vous ont été demandés à de nombreuses reprises par le préfet. Une liste très précise de secteurs non couverts par des caméras de vidéoprotection vous a été transmise il y a plusieurs mois et il me semble que vous avez refusé d’y répondre favorablement. »

Afin de « ramener le calme » dans le quartier de la Guillotière, Gérald Darmanin suggère également à Grégory Doucet de prendre « des arrêtés anti-rassemblements, limités à des horaires et jours déterminés » et de faire valoir son droit de préemption dans le but de favoriser la « diversification commerciale du quartier, afin de limiter la prolifération des commerces communautaires ».

Un deuxième suspect mis en examen

Ce lundi, un deuxième suspect, soupçonné d’avoir participé à l’agression de trois policiers en civil le 20 juillet dans le quartier de la Guillotière à Lyon, a été mis en examen, a-t-on appris auprès du parquet de Lyon. Ce suspect, dont l’âge n’a pas été précisé, a été mis en examen pour « violences volontaires aggravées sur fonctionnaire de police », selon le parquet.

« Il a sollicité un délai pour préparer sa défense dans le cadre du débat relatif à sa détention provisoire requise par le parquet et le juge d’instruction », qui aura lieu jeudi, a indiqué le parquet à l’AFP. « Dans l’intervalle, il a fait l’objet d’une incarcération provisoire », a-t-on ajouté de même source.

Mardi, un premier suspect de 26 ans avait déjà été mis en examen, du même chef, et placé en détention provisoire. En situation irrégulière, sans casier judiciaire, il « n’a pas contesté les faits » et a « présenté ses excuses », avait indiqué à l’AFP Me Laurent Bohé, avocat des victimes.

Deux policiers ont été blessés le 20 juillet au soir en tentant avec un collègue d’interpeller une personne suspectée de vol, au milieu d’une foule qui les a violemment pris à partie.

Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on peut voir trois policiers en civil, deux hommes et une femme, essuyer coups et jets de projectiles devant l’entrée d’une supérette dans le quartier sensible de la Guillotière.

Un premier suspect avait d’abord été arrêté puis mis hors de cause. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait réagi sur Twitter après l’arrestation de ce premier suspect, également étranger, indiquant qu’il serait expulsé.

Une fois celui-ci hors de cause, il avait écrit, dans un second tweet : « en lien avec les événements ou non, connu pour de nombreuses mises en cause (...) cet individu n’a rien à faire dans notre pays ».

Samedi, Gérald Darmanin, lors d’une visite à Lyon où il a notamment rencontré, en préfecture, des riverains de La Guillotière et les trois policiers agressés, avait insisté sur la nécessité de renforcer les procédures visant à expulser les « étrangers délinquants ».

https://twitter.com/GDarmanin/status/1553348973863337985?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1553348973863337985%7Ctwgr%5E5a518505a555aa4ee27a309e6a6aa1c40e1ada7a%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.huffingtonpost.fr%2Fpolitique%2Farticle%2Fapres-l-agression-de-policiers-a-lyon-gerald-darmanin-met-la-pression-sur-la-mairie_206100.html

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