Après l’école et le travail, les femmes afghanes privées de parcs et de bains publics

PHOTO MOHD RASFAN/AFP

“D’abord, il y a eu les restrictions sur l’éducation des filles, puis sur le droit des femmes à travailler, puis l’application d’un code vestimentaire strict”, déplore Gandhara dans un article du 10 novembre. “Désormais, les femmes afghanes se sont vu interdire l’accès aux bains publics et aux parcs de Kaboul à la suite d’une décision du tristement célèbre ministère taliban pour la Promotion de la vertu et la Prévention du vice”, poursuit le site d’information afghan, émanation du média américain Radio Free Europe-Radio Liberty.

Cette interdiction survient un mois après que les talibans ont ordonné d’instaurer la ségrégation en fonction du sexe dans les parcs. Difficile pour l’heure de savoir si cette nouvelle interdiction sera étendue au-delà de la capitale afghane.

L’Afghanistan, une prison pour femmes

“Le prochain décret dira que les femmes ne peuvent plus quitter la maison”, s’est indignée Maria Tutakhil, une habitante de Kaboul, secouée par la nouvelle. “L’Afghanistan n’est rien de plus qu’une prison pour femmes”, a-t-elle affirmé, citée par Gandhara.

Les propriétaires de parcs d’attractions, également concernés par cette interdiction, se sont plaints de cette décision. “Nous avons 200 employés, une fois que nos revenus baisseront, nous devrons fermer le parc”, a mis en garde Habib Jan Zazi, directeur du Habibullah Zazi Park, situé dans la capitale afghane.

Par ailleurs, la fermeture des bains publics, utilisés par ceux qui n’ont pas d’eau chaude ou de salle de bains, sera un fardeau supplémentaire pour les femmes. Depuis l’arrivée des talibans, ces dernières n’ont plus le droit de voyager sans un chaperon de la gent masculine, doivent porter le hidjab ou la burqa chaque fois qu’elles sortent de chez elles, et les écoles secondaires sont fermées pour les filles depuis plus d’un an.

“La plupart des familles, par ce froid, ne peuvent pas faire couler un bain chaud à la maison”, a déclaré Hamira Farhangyar, ancienne présidente de l’université de médecine Cheragh de Kaboul. “Où une mère et ses enfants pourront-ils prendre un bain”, interroge-t-elle sur Gandhara.

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