Après la grève dans l'éducation, Blanquer reconnaît "des erreurs"

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Le 13 janvier la grève de l'éducation a été en grande partie dirigée contre le ministre Jean-Michel Blanquer. Lequel réfute tout
Le 13 janvier la grève de l'éducation a été en grande partie dirigée contre le ministre Jean-Michel Blanquer. Lequel réfute tout

POLITIQUE - Mea-culpa du bout des lèvres. Au lendemain de l’importante mobilisation du secteur éducatif qui le visait tout particulièrement, Jean-Michel Blanquer a tenté de balayer les reproches qui lui sont faits, rejetant une partie de la faute sur “le processus” de prise de décisions.

Le 13 janvier, au moins 77.000 personnes ont manifesté dans toute la France pour protester contre la gestion gouvernementale de la crise du coronavirus dans les écoles. Entre les protocoles de dépistage controversés, un mode de communication jugé déplorable, le tout alimenté par de petites sorties polémiques, Jean-Michel Blanquer est tenu pour responsable du fiasco. Les pancartes des manifestants dans les rues ne laissaient aucun doute à ce sujet.

Mais pas de quoi remettre en cause son travail, de son propre point de vue. Invité de franceinfo ce vendredi 14 janvier, le ministre de l’Éducation, relancé par le journaliste, a lâché un “si vous souhaitez un mea culpa...” peu convaincu, avant de se lancer. ”Écoutez, je ne suis pas parfait, je fais des erreurs. Je crois que c’est le propre de l’être humain et cela m’arrive, évidemment, je n’ai aucun problème à dire que je suis désolé de certaines choses”, a-t-il déclaré.

Le “mais” n’était pas loin derrière: “Mais c’est important aussi de ne pas être dans des logiques de cristallisations excessives sur une personne quand on connait le processus de décision”, a-t-il répliqué.

La faute au “processus”

Longtemps considéré comme le “chouchou” du gouvernement, le locataire de la rue de Grenelle a réfuté tout “problème Blanquer”. Il a balayé une question sur sa “mise sur la touche” éventuelle - et qu’importe si la réunion avec les syndicats en marge de la grève a été chapeautée par Jean Castex, qui était déjà intervenu pour présenter le protocole assoupli au 20h.

“Ce qu’il s’est passé, c’est du travail très collectif avec le Premier ministre”, a-t-il assuré. La réunion “s’est passée au ministère de l’Éducation nationale et il ne vous a pas échappé que c’est moi qui ait fait les annonces. Il ne vous a pas échappé non plus qu’il y a une dimension très interministérielle dans la gestion de la crise”, a fait valoir Blanquer. “C’est normal que le Premier ministre, dans un moment difficile, soit en appui, d’autant plus qu’une partie des décisions à prendre relève soit du ministère de la Santé, soit du ministère des Finances”, a justifié Jean-Michel Blanquer.

“C’est un processus normal qui montre au contraire la collégialité gouvernementale.”Jean-Michel Blanquer

C’est d’ailleurs ce même “processus” que le ministre brandit pour se défendre des critiques sur la publication du protocole sanitaire la veille de la rentrée. “La réunion d’hier a été très utile de ce point de vue là, car elle a permis d’être précis, long et clair sur le pourquoi de ces choses. L’interministériallité permet de comprendre pourquoi nous sommes obligés de communiquer le dimanche”, a expliqué le ministre, évoquant la nécessité d’un travail collectif et par étapes entre les différents acteurs.

“On est tous lassés de ce virus et il est normal qu’à un moment donné, une lassitude s’exprime. Il se trouve que c’est dans le milieu de l’Éducation nationale que ça s’est beaucoup exprimé hier, mais au-delà de ça, il faut créer des unités”, a plaidé Jean-Michel Blanquer.

Le ministre a annoncé plusieurs mesures pour apaiser les enseignants: distribution de masques FFP2, remplacements des professeurs, mais aussi des embauches pérennes, via le recours aux “listes complémentaires”: il s’agit de candidats qui n’ont pas été reçus aux concours de professeurs des écoles mais étaient bien classés et susceptibles d’être finalement appelés pour pourvoir des besoins.

À voir également sur Le HuffPost: Grève du 13 janvier: Ces profs en colère ont manifesté pour la première fois

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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