Après la division, l’Union européenne resserre les rangs

Libération.fr

Face aux provocation d’Erdogan, les Etats membres peuvent retrouver une unité à bon compte.

D’un côté, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark (et la Suisse) s’opposent à la venue - parfois manu militari dans le cas des Pays-Bas - de ministres turcs voulant faire campagne auprès de leur communauté émigrée pour le oui au référendum constitutionnel du 16 avril. De l’autre, la France et la Belgique n’y voient aucun problème. La tentation est donc forte de constater que l’Europe est une nouvelle fois divisée. Mais, en l’occurrence, elle n’est pas compétente en la matière : «Les décisions relatives à la tenue de réunions et de rassemblements relèvent de l’Etat membre concerné», ont ainsi rappelé lundi Federica Mogherini, la ministre des Affaires étrangères de l’Union, et Johannes Hahn, le commissaire européen chargé de la Politique de voisinage.

Ce n’est pas la première fois que des ministres turcs parcourent l’UE afin d’essayer de gagner les voix de leur diaspora forte de 5 millions d’âmes. Mais cette fois, le contexte est très tendu entre le président Recep Tayyip Erdogan, qui veut transformer son pays en «démocrature» islamique, et l’Union, inquiète de cette dérive autoritaire. Pour ne rien arranger, plusieurs Etats membres affrontent des élections décisives sur fond de crise des réfugiés et de montée de la xénophobie. «On aurait peut-être pu attendre une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères ou en discuter de façon informelle pour adopter une attitude commune», reconnaît un diplomate européen. Mais tout s’est précipité ce week-end avec la décision des autorités néerlandaises de ne pas autoriser l’atterrissage de l’avion du ministre turc des Affaires étrangères et de refouler la ministre de la Famille. D’habitude, ce genre de visite se négocie à l’avance et s’accompagne de rencontres avec le gouvernement local. Mais les Pays-Bas avaient fait savoir qu’ils ne voulaient pas accueillir de membres du gouvernement turc la veille de leurs élections, ce dont (...)

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