Après le dernier 49.3, les députés RN ne déposeront pas de motion de censure

Le groupe Rassemblement national à l’Assemblée national le 24 octobre 2022.
JULIEN DE ROSA / AFP Le groupe Rassemblement national à l’Assemblée national le 24 octobre 2022.

POLITIQUE - Changement de tactique. Les députés RN ont annoncé ce jeudi 3 novembre qu’ils ne déposeraient pas de nouvelle motion de censure contre le gouvernement, mais qu’ils voteraient à la place la motion LFI, proposée en réponse à l’activation la veille du 49.3 sur l’ensemble du projet de budget 2023 étudié en première lecture à l’Assemblée nationale.

« Le texte déposé par le groupe la France insoumise souligne bien que le vote en commun d’une motion de censure n’est évidemment pas une alliance politique, mais bien un outil constitutionnel pour censurer le gouvernement et bloquer son budget », explique le groupe dirigé par Marine Le Pen dans un communiqué.

Le groupe RN avait déjà voté les précédentes motions de censure de la gauche, déposées la première fois par l’ensemble de la NUPES, puis par LFI seulement. Cet appui des députés RN a à chaque fois été pointé par les macronistes et a suscité les critiques du camp présidentiel, qui a dénoncé « la nouvelle alliance des populismes ». « Vous entretenez la confusion », a répété lundi la Première ministre en s’en prenant au « grand leader » de LFI Jean-Luc Mélenchon.

LFI fait encore cavalier seul à gauche

Et pour cause : au sein de la Nupes, la France insoumise fait de nouveau cavalier seul à gauche en déposant sa motion sans les signatures des autres partis de l’alliance. Les députés socialistes « refusent la banalisation des motions de censure » , a confirmé leur porte-parole Arthur Delaporte, se plaçant sur la même ligne que les écologistes.

Dans leur motion, les insoumis dénoncent un « mépris du pouvoir pour le travail parlementaire, une incapacité à convaincre et une utilisation de plus en plus autoritaire des mécanismes de la Ve République ».

Ils déplorent que l’Assemblée n’ait pu débattre que des crédits de cinq missions (Justice, Défense, Culture, Outre-mer et Écologie) sur les 34 prévues. « Le gouvernement cherche ici à masquer l’austérité généralisée pour le logement, la solidarité nationale, les services publics, l’école ou l’égalité entre les femmes et les hommes », estiment ces parlementaires.

Place désormais au vote, sans réelle chance d’aboutir tant que les députés LR refuseront de se joindre aux opposants.

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