Après la démission des députés sadristes, l’Irak plonge encore un peu plus “dans l’inconnu”

PHOTO QASSEM AL-KAABI/AFP

Trois jours après qu’on leur a demandé de rédiger leur lettre de démission du Parlement, les 73 députés de la formation du leader chiite irakien Moqtada Al-Sadr – le plus grand groupe parlementaire en Irak – ont fini par la présenter, le dimanche 12 juin, afin d’“éviter l’inconnu”, écrit le quotidien irakien Az-Zaman.

Az-Zaman cite ainsi un communiqué d’Al-Sadr écrit à la main :

“Cette initiative doit être considérée comme un sacrifice de ma part pour le bien de la patrie et du peuple afin d’éviter un destin inconnu.”

Cette démission collective intervient alors que le pays est englué dans une impasse politique depuis la tenue, en octobre dernier, d’élections législatives anticipées, qui ont été remportées par Moqtada Al-Sadr face à ses adversaires pro-Iran du Cadre de la coordination.

Conséquence de l’absence d’une majorité claire ou d’un consensus, le Parlement a échoué par trois fois depuis le début de l’année à organiser l’élection d’un président de la République, première étape avant la désignation d’un nouveau Premier ministre et la formation d’un gouvernement. Aujourd’hui, les délais constitutionnels de ces trois échéances ont été dépassés.

Un cadeau empoisonné aux pro-Iran

Une démission acceptée “à contrecœur” par le président du Parlement, le sunnite Mohammed Al-Halboussi. Ce dernier est à la tête de la Coalition de la souveraineté, qui était, avec le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), l’un des pivots de la coalition tripartite “Sauver la nation” regroupant 155 députés sur 329 autour du leader chiite qui a échoué à former un gouvernement majoritaire.

Prenant acte de cet échec, Moqtada Al-Sadr avait annoncé il y a trois semaines qu’il se rangeait dans l’opposition.

Mais le clerc chiite a finalement acté la fin de la coalition qu’il formait avec ses alliés, dont il a salué le “patriotisme” et la “constance” en les “libérant de leurs obligations”.

“Il y a deux sortes de retrait politique : il y a celui du Parlement et celui de l’action politique. Ce choix-ci serait le plus important et le plus dangereux, au point de transformer la joie temporaire des adversaires du courant sadriste en des jours noirs”, écrit le directeur de la rédaction d’Az-Zaman, Fateh Abdel Salam.

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