Après sa condamnation pour violences conjugales, Adrien Quatennens de retour à l'Assemblée

Adrien Quatennens à la commission des Affaires étrangères le 11 janvier 2023 - BFMTV
Adrien Quatennens à la commission des Affaires étrangères le 11 janvier 2023 - BFMTV

Pour la première fois depuis le mois de septembre et sa mise en retrait, Adrien Quatennens s'est rendu au Palais-Bourbon ce mercredi matin pour assister à une réunion de la commission des Affaires étrangères.

Condamné à 4 mois de prison avec sursis pour violences conjugales, puis exclu de son groupe parlementaire jusqu'au 13 avril, le député du Nord avait indiqué sur BFMTV en décembre qu'il reviendrait "vraisemblablement" à l'Assemblée nationale "dès le mois de janvier", à "la reprise des travaux parlementaires" en tant que député non-inscrit.

Ce retour, "une erreur" pour Corbière

"J'exerce mon travail de parlementaire, j'applique et respecte la décision prise par mon groupe politique", a déclaré l'élu au micro de BFMTV à sa sortie de l'Assemblée.

Sa présence au Palais-Bourbon a été d'ailleurs "salué" par Jean-Louis Bourlanges, le député Modem qui dirige la commission des Affaires étrangères. "Bienvenue dans nos travaux", lui a ainsi lancé l'élu centriste, d'après nos informations.

Le député LFI Alexis Corbière avait jugé, lui, lundi sur LCI que ce retour "serait une erreur" au regard du "moment médiatique", en pleine réforme des retraites.

L'élu insoumis expliquait encore souhaite éviter que "d'autres choses" que l'actualité parlementaire "(ne) viennent parasiter" sa formation politique.

Des propos qui ne passent pas chez les insoumis

Déjà très fragilisé depuis que le député du Nord, très proche de Jean-Luc Mélenchon, avait reconnu avoir "giflé son épouse" en septembre dernier, ses prises de parole en décembre avaient jeté le trouble dans son propre camp.

Pour sa première prise de parole publique depuis la fin de l'été, l'ancienne tête d'affiche de LFI s'était dite victime d'un "lynchage médiatique" à La Voix du Nord.

Sur BFMTV, Adrien Quatennens avait ensuite évoqué une relation amoureuse qui n'était "pas violente" mais "difficile depuis environ deux ans". Le député était également revenu sur le jour où il avait giflé son épouse, parlant d'"une dispute sérieuse avec des menaces réciproques".

"Cela fait du mal à nos combats"

Ces interventions médiatiques avaient suscité la désapprobation de son camp. "Comme beaucoup, je ressens un profond malaise face aux interviews d'Adrien Quatennens", avait par exemple tweeté l'eurodéputée Manon Aubry.

La députée LFI Marianne Maximi avait elle aussi fait savoir sa désapprobation sur son compte Twitter, accusant son collègue de "minimiser et relativiser sa propre violence". "C'est grave", avait estimé l'élue du Puy-de-Dôme.

"Cela fait du mal à nos combats, contre les violences faites aux femmes."

Avant sa réintégration au sein du groupe LFI en avril prochain, Adrien Quatennens devra d'abord suivre un stage de sensibilisation sur ce sujet.

Article original publié sur BFMTV.com