Après Brégançon, travaux pratiques à Moscou

Le signe est barbare : CCQS. En français, Conseil de coopération sur les questions de sécurité. Les initiés appellent aussi cela le 2+2 franco-russe. En 2002, dans le nouveau monde post-11-Septembre, ­Vladimir Poutine avait proposé à Jacques Chirac de réunir leurs ministres chargés de la politique étrangère et de la défense de se voir chaque année, alternativement à Moscou et à Paris. L'outil a fonctionné jusqu'en 2014. Après l'annexion de la ­Crimée, François Hollande a en effet ­décidé de suspendre cette réunion annuelle. Cela n'a pas empêché les ministres et leurs collaborateurs de se voir séparément, ni les services de renseignement de se fréquenter, mais quelque chose s'est cassé dans la relation bilatérale.

Au point qu'on pouvait entendre dans la bouche de certains diplomates ce genre de réflexion : "A quoi ça sert de se voir si l'on n'a rien à se dire, si l'on n'est d'accord sur rien?"

Chacun des ministres est escorté d'une demi-douzaine de diplomates et de militaires

C'est donc bien avec ce statu quo "qui ne mène nulle part" que le président de la République a voulu rompre. a Brégançon, le 19 août, Emmanuel Macron lâche, en prélude à ses échanges avec Vladimir Poutine : "Nous avons à réinventer une architecture de sécurité et de confiance entre l'Union européenne et la Russie, et la France y a un rôle, elle y jouera tout son rôle." Il avait décidé auparavant que si une forme de sincérité et de volonté d'apaisement était perceptible, sur le sujet de l'Ukraine par exemp...


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