Après avoir accordé un prêt de 300.000 euros à Éric Zemmour, Charles Gave se retire de sa campagne

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Eric Zemmour le 19 novembre à Londres - TOLGA AKMEN / AFP
Eric Zemmour le 19 novembre à Londres - TOLGA AKMEN / AFP

Un départ qui fait mauvais genre. Alors qu'Éric Zemmour devrait annoncer officiellement sa candidature à la présidentielle la semaine du 29 novembre, Charles Gave, un millionnaire qui a accordé un prêt de 300.000 euros au polémiste fin septembre, se retire de la campagne.

"C'est un grand garçon. Maintenant, il est à 17% dans les sondages. Il n'a plus besoin de moi", explique ce financier proche des réseaux identitaires auprès de BFMTV.

Ce départ n'est pas lié à "des désaccords", ajoute encore celui qui avait soutenu un temps Nicolas Dupont-Aignan avant de défendre l'entrée en campagne de l'écrivain.

Divergences sur l'euro

Ce prêt avait pris un poids particulièrement symbolique, permettant d'asseoir la crédibilité de l'ancien éditorialiste, en quête de soutiens.

Deux motifs auraient joué un rôle important dans son retrait. D'après des informations de BFMTV, le programme économique de l'essayiste, proche d'une droite libérale qui défend la place de la France dans l'Union européenne, déplaît à Charles Gave, qui, lui, milite pour une sortie de l'euro.

Le Point avance une autre explication. Ce prêt, accordé à l'association des Amis d'Éric Zemmour, ne devrait pas pouvoir être affecté au financement de la campagne présidentielle. La Commission nationale des comptes de campagne l'explique à l'hebdomadaire:

"L’appel d’un parti politique à des prêts de personnes physiques doit clairement être destiné à financer le parti, et non un candidat à l’élection présidentielle".

Un remboursement peu probable

Autrement dit, les montants empruntés auprès de Charles Gave ne pourront pas être utilisés dans l’immédiat, Les Amis d’Éric Zemmour, sans locaux ni salariés, n’ayant en réalité pas de frais.

"Ce sont 300.000 euros que nous risquons de ne jamais revoir", rapporte d'ailleurs un proche de Charles Gave dans les colonnes du Point.

Le financier avait d'ailleurs tardé, au goût des soutiens de l'ancien journaliste du Figaro, à accorder un prêt au futur candidat, voulant s'assurer qu'il serait bien en capacité d'être remboursé.

Il avait d'ailleurs déclaré dans un entretien à Paris Match que cette campagne "ne coûtera(it) pas cher, on lancera une chaîne YouTube depuis la Russie et on se débarassera des sangsues, des brigands, de la haute fonction publique."

Les proches de Sarah Knafo mis en cause

Au-delà des enjeux financiers, l'entourage de Sarah Knafo, la directrice de campagne d'Éric Zemmour, aurait également hérissé Charles Gave. Deux des proches de la jeune femme auraient soutiré quelques centaines d’euros à sa fille Emmanuelle Gave lors de la campagne des européennes de 2019. Le millionnaire prévient alors le polémiste que, s’il garde pour le futur candidat "la plus profonde admiration", il préfère se retirer.

La question du financement de la campagne devrait d'ailleurs rapidement se poser. "Ca coûte très cher de gagner une élection. Multiplier les meetings, les affiches, les déplacements d'une région à une autre, le staff de campagne qu'il faut rémunérer... Tout cela représente beaucoup d'argent. Il faut qu'il trouve 8 millions d'euros s'il veut pouvoir tenir le rythme", expliquait d'ailleurs Laurent Neumann, éditorialiste politique pour BFMTV début octobre.

Article original publié sur BFMTV.com

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