Après une année sous le signe du Covid-19, la planète célèbre le passage à 2021

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L'année 2020 a été marqué par la pandémie meurtrière de coronavirus. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le monde a célébré en sourdine l'arrivée de 2021, en espérant une année plus heureuse.

De nombreux pays du monde ont mis la sourdine aux célébrations du Nouvel An, entrant vendredi en 2021 sous l'influence de la pandémie de coronavirus qui a fait plus de 1,8 million de morts à travers le le monde.

Les nouvelles vagues épidémiques ont contraint des milliards de personnes à célébrer le passage au Nouvel An dans l'intimité, chez elles, et à suivre les célébrations virtuellement, après des mois de restrictions voire de confinement.

À Sydney, la plus grande ville d'Australie, le célèbre feu d'artifice du Nouvel an a été tiré à 13 h GMT au-dessus de la Baie, mais en l'absence quasi totale de spectateurs après l'apparition d'un récent foyer de contamination dans le nord de la ville qui totalise quelque 150 cas.

"I will survive"

À New York, où Times Square déborde habituellement de gens euphoriques sous une pluie de confettis, le quartier de Manhattan était bouclé et les fêtards encouragés à suivre de chez eux le compte à rebours télévisé, avec la chanteuse américaine Gloria Gaynor pour interpréter, à 77 ans, son célèbre titre disco "I will survive" ("Je survivrai").

Le maire Bill de Blasio a évoqué 2020 comme "sans doute la plus dure année de l'histoire de New York". "En janvier, nous allons vacciner un million de New-Yorkais", a-t-il promis.

Les États-Unis sont le pays du monde qui compte le plus grand nombre de morts de Covid. Mais le président élu des États-Unis Joe Biden, qui entrera en fonction en janvier, a exprimé son optimisme dans un entretien vidéo accordé juste avant la nouvelle année à ABC : "L’Amérique peut tout faire et je suis absolument confiant, confiant que nous allons revenir et revenir encore plus forts que nous ne l’étions auparavant", a-t-il lancé. Le sortant Donald Trump s'est, lui, félicité sur Twitter que les États-Unis aient "terminé l’année avec le plus haut marché boursier de l’histoire".

"Sortez Bolsonaro !"

Au Brésil, deuxième pays le plus endeuillé par la pandémie, les festivités ont été annulées cette année à Rio de Janeiro, qui accueille habituellement l’une des plus grandes fêtes du Nouvel An au monde. La célèbre plage de Copacabana s’est trouvée presque vide aux 12 coups de minuit, des fêtards étant tenus à l'écart par la police.

Cependant, de l’autre côté de la ville, des Brésiliens ont illuminé l’horizon avec leurs propres feux d'artifice. Et des manifestants ont crié "Sortez Bolsonaro !" depuis leurs fenêtres à Rio et à Sao Paulo, les deux plus grandes villes du Brésil, pour protester contre la gestion, qu’ils jugent désastreuse, de la pandémie par le président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

En Chine, des milliers d'habitants de Wuhan ont célébré dans la ferveur le passage en 2021, un an tout juste après le signalement à l'OMS des premiers cas de coronavirus dans cette ville de 11 millions d'habitants. "C'est quelque chose que nous ne pourrons jamais oublier", a déclaré une habitante de Wuhan, du nom de Xu Du à l'AFP. "Nous sommes restés enfermés pendant des mois (...) mais nous avons survécu".

Dans ses vœux aux Chinois, le président Xi Jinping a affirmé, jeudi soir, qu'ils avaient écrit "une épopée" par leur combat contre l'épidémie.

À Hong Kong, malgré les restrictions, quelques rares fêtards se sont aventurés sur le front de mer du port Victoria pour faire des selfies.

En Russie, le président, Vladimir Poutine, a reconnu dans son discours du Nouvel An qu'une deuxième vague d'infections frappait la nation. "Malheureusement, l'épidémie n'a pas encore été complètement arrêtée. La lutte contre l'épidémie ne s'arrête pas une minute", a-t-il déclaré.

Peu auparavant, une dizaine de personnes avaient, comme chaque année, nagé dans les eaux glacées du lac Baïkal, en Sibérie, bravant des températures extrêmes oscillant entre -26 et -35°C.

"Agissez comme si vous l'aviez"

Le gouvernement britannique avait exhorté les gens à rester à la maison pour éviter de propager le virus, avec le slogan "agissez comme si vous l’aviez".

À Londres, la chanteuse américaine Patti Smith, 74 ans, a donné un concert en livestream en hommage aux soignants du système public de santé britannique décédés du Covid-19. Mais sa diffusion en direct sur écran géant à Piccadilly Circus a été annulée à la dernière minute pour cause de pandémie, et ses fans ont dû se contenter de YouTube.

Simultanément, le Royaume-Uni est entré à 23 h (heure locale et GMT) dans une nouvelle ère, en sortant du marché unique européen et de l'union douanière. Quelques dizaines de fêtards seulement se sont présentés sur la Place du Parlement de Londres pour écouter le carillon de Big Ben.

Champs-Élysées déserts

Paris a, elle, offert l’image de ses Champs-Élysées vides, alors que s’y pressent habituellement des centaines de milliers de personnes le dernier soir de l'année. Une vingtaine de policiers arrêtaient les rares véhicules pour vérifier les attestations dérogatoires des conducteurs et verbaliser les contrevenants.

Pour fêter le passage à 2021, Paris a choisi la réalité virtuelle, poussant la distanciation au plus loin : un concert 2.0 de Jean-Michel Jarre a été donné au cœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris en images de synthèse.

La France vivait un "réveillon du 31" sous couvre-feu, encadré exceptionnellement par 100 000 policiers et gendarmes : tout déplacement entre 20 h et 6 h - sauf raison professionnelle - était interdit, toute violation du couvre-feu passible d'une forte amende. Des restrictions qui n'ont pas empêché la mort d'un homme de 25 ans, dans la nuit de jeudi à vendredi, "la tête arrachée" par un mortier d'artifice en Alsace.

À Madrid, l’une des villes d’Europe les plus frappées par la pandémie, la célèbre place de la Puerta del Sol, habituellement bondée aux 12 coups de minuit, était vide quand un ancien membre du groupe Mecano, Nacho Cano, y a interprété un morceau au piano, en hommage aux victimes du Covid-19.

C'est depuis leur salon que les Romains ont dû assister aux festivités organisées au Circus Maximus, le plus ancien stade de la capitale italienne. Deux heures de spectacle étaient au programme ainsi qu'une illumination des sites les plus emblématiques. Mais la municipalité avait interdit les feux d'artifice et pétards qui d'habitude résonnent dans les rues et sur les places. L'Italie est soumise à un confinement jusqu'au 7 janvier avec un couvre-feu à partir de 22 heures.

À Beyrouth, les autorités avaient en revanche assoupli les mesures. Le couvre-feu avait été repoussé à 3 heures du matin. Les bars, restaurants et boîtes de nuit avaient rouvert pour organiser de grandes fêtes pour le Nouvel An.

Avec AFP