Apprenez à vous déplacer comme un dauphin (enfin, presque)

(Photo: nguyentienphat8888 / 500px via Getty Images)
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CLIC’ CLIC’ - Pour se déplacer, les humains s’appuient principalement la vue. Mais est-il possible de faire autrement? La question se pose d’autant plus pour les personnes malvoyantes. Afin d’y répondre, des chercheurs de l’université de Durham au Royaume-Uni ont tenté de savoir s’il était possible de former notre espèce à l’écholocation, méthode utilisée notamment par les dauphins et leur sonar.

Publiés le 2 juin dernier dans la revue PLOS One, leurs résultats démontrent que ce technique permet de faciliter les déplacements pour les personnes qui ne peuvent pas compter sur la vue. Concrètement, le principe est simple. Les humains peuvent par exemple utiliser leur langue pour émettre des “clics” et ensuite interpréter l’écho produit par l’environnement. Avec un peu d’entraînement, cette technique permet de repérer des obstacles ou d’éviter une collision.

Il y a certes des limites, dues au fait que nos aptitudes auditives, notamment, ne sont pas idéales pour pratiquer l’écholocation. Néanmoins, des personnes malvoyantes y ont recours. Certaines d’entre elles utilisent le tapotement de leur canne ou des claquement de doigt pour en analyser l’écho. Très utile, cette compétence n’est cependant pas développée par un grand nombre.

Schéma du principe d'écholocation. (Photo: © Chris Woodford 2021)
Schéma du principe d'écholocation. (Photo: © Chris Woodford 2021)

Schéma du principe d'écholocation. (Photo: © Chris Woodford 2021)

L’étude britannique a démontré qu’il est possible, pour un large public, de s’initier a cette pratique. Ainsi, les chercheurs ont sélectionné 12 participants diagnostiqués aveugles pendant leur enfance et 14 personnes voyantes. Au cours d’un programme de formation de 10 semaines, les volontaires ont été formés pour naviguer dans des labyrinthes virtuels (disposés en T, U, zigzags..) et pour se repérer à l’aide de sons produits par leur bouche.

Lors des deux dernières sessions, les participants ont testé leurs compétences dans un labyrinthe virtuel. Les collisions étaient moins nombreuses qu’elles ne l’avaient été au début du programme. Qu’ils soient aveugles ou non, âgés comme jeunes, tous les participants ont amélioré leurs compétences d’écholocation.

Surtout, les résultats ont montré que ces écholocateurs nouvellement formés naviguaient presque aussi bien dans le labyrinthe que des “experts” malvoyants qui utilisaient cette compétence depuis des années.

Tous logés à la même enseigne?  

Si tout le monde semble être capable de s’orienter de la sorte, des zones d’ombre subsistent. En effet, les parties du cerveau mobilisant la vue sont celles qui permettent aux écholocateurs de “voir” le monde qui les entoure. Les chercheurs ne savent pas si les personnes qui grandissent l’usage de la vue peuvent utiliser les mêmes réseaux neuronaux au même degré.

De plus, alors que de nombreuses personnes voient et entendent moins bien en vieillissant, les chercheurs notent “qu’il n’y avait aucune preuve d’une association entre l’âge et la performance dans les tâches pratiques”. Par la suite, dans une enquête de suivi, 10 des 12 participants aveugles ont déclaré que la compétence avait bénéficié à leur indépendance et bien-être.

Preuve supplémentaire, selon la chercheuse Lore Thaler, qu’il serait logique “de fournir des informations et une formation sur l’écholocation par clic aux personnes ont une bonne vision fonctionnelle”, mais présentent un risque de perte de l’usage de la vue plus au cours de leur vie à cause de maladies oculaires dégénératives.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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