Appel à la sobriété énergétique cet hiver pour éviter les pénuries

AFP/Archives - PHILIPPE HUGUEN

Malgré les tensions sur les marchés de l’énergie, les gestionnaires de réseaux de gaz et d’électricité estiment que les coupures de courant et les défauts d’approvisionnement en gaz ne devraient pas intervenir cet hiver, même en cas de grand froid. Mais ils appellent les consommateurs à une plus grande sobriété.

La guerre en Ukraine et l’arrêt des livraisons de gaz russe qui en découle, un été sec qui a mis les réserves des barrages hydroélectriques au plus bas, un parc nucléaire qui compte à ce jour 30 réacteurs à l’arrêt sur 58 : tout concourt à faire craindre des pénuries d’énergie cet hiver surtout s’il fait très froid. “Les tensions sur l’approvisionnement du réseau interviennent généralement en janvier, cette année, nous devrions les affronter dès novembre”, prévient ainsi le président du directoire de Xavier Piechaczyk. 3Cette année nous avons des marges de manœuvre limitée”, abonde le directeur général de Thierry Trouvé.

Mais les deux dirigeants ne veulent pas entendre parler du mot “délestage”, euphémisme pour “coupure”. Pour eux, il faudrait une situation extrême mêlant un hiver très froid à une indisponibilité majeure du parc nucléaire et à une désorganisation du marché européen de l’énergie pour qu’on en arrive à cette extrémité, et le risque d’un black out général sur une grande partie du réseau européen interconnecté est vigoureusement rejeté. Les deux dirigeants pondèrent cependant leur avis d’un appel à la responsabilité citoyenne. Les Français devront faire de réels efforts d’économie tant en chauffage qu’en éclairage et même en cuisson de leurs aliments.

Des alertes rouges pour appeler à la modération des consommations

RTE a ainsi élaboré trois scénarios. Le plus optimiste table sur un hiver doux allié à un retour de la production du nucléaire à 50 gigawatts (GW). “Dans ce cas-là, vous n’entendrez pas parler de nous”, assure Xavier Piechaczyk. En revanche, le scénario “dégradé” allie un hiver rude à une faible disponibilité du parc nucléaire empêtré dans ses révisions décennales pour 18 de ses réacteurs en demande de prolongement d’activité de dix ans supplémentaires et dans la corrosion de circuits internes détectés sur 12 autres centrales. Une situation qui devrait cependant s’arranger, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ayant validé la stratégie d’E[...]

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